“ Tout le monde comprend au-delà des monts que la politique la plus sûre pour l’Italie est la politique expectante ; tout le monde sent que cette période d’attente ne sera pas sans profits, car on l’emploiera à négocier, à armer, à élever le crédit financier du pays, à développer les grandes voies de communication, en un mot à organiser le gouvernement dans toutes ses branches. Nous appréhendons que les tentatives de guerre civile qui ont leur foyer à Rome, qui se trament par conséquent sous les yeux mêmes de la France, ne suscitent bientôt au gouvernement italien des distractions malheureuses. ”
Gouvernement italien
Définition et enjeux
Citations sur “Gouvernement italien”
P. de B., Réponse à Mgr l'évêque d'Orléans (186.)
“ Mon Dieu, tâchons de vouloir des choses possibles, est-il préférable de voir un gouvernement régulier, et une armée régulière, occuper Rome ? Aimez-vous mieux, que ce soit un général qui s'est mis hors la loi de son pays, et qui ne s'y maintient que parce que le gouvernement italien est lié !!! Eh bien oui il l'est !!! Mais ne l'insultez donc pas, car il n'a aucun moyen humain possible d'empêcher ce que veut la nation italienne, toute entière. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 août 1859
“ Les argumens patriotiques sur lesquels s’appuient ces votes d’annexion sont irréfutables au point de vue italien : le public en pourra juger par le remarquable mémorandum que le gouvernement toscan vient d’adresser aux grandes puissances. Après de telles manifestations, auxquelles s’associe l’élite de l’Italie, peut-on, nous le demandons, songer à rétablir dans les duchés les gouvernemens anciens ? Ces actes mêmes n’élèvent-ils pas une insurmontable barrière entre les princes déchus et les populations ? ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 février 1867
“ Ils font une œuvre honorable, libérale, opportune, conforme aux intérêts généraux de l’Europe. L’Italie ne se remet point vite à l’expédition régulière de ses affaires sous le régime de la paix. C’est qu’en effet le gouvernement et le parlement Italien n’ont point devant eux une tâche aisée. La majorité a manqué au ministère dans la chambre sur une question d’ordre public, et l’on se trouve pris entre les deux pointes du dilemme : démission du cabinet ou dissolution de la chambre. ”
Pierre de Coubertin,
Revue du Pays de Caux N°4 Juillet 1903
“ L’Italie a su s’organiser, s’affermir, se transformer en une grande nation unie, changer de politique et de gouvernement, ainsi qu’il convient à un régime constitutionnel et parlementaire, sans que le Vatican en ait éprouvé la moindre secousse ni la moindre gêne ”
Camillo Benso Cavour, Œuvre parlementaire du comte de Cavour (1862)
“ Maintenant, Messieurs, je crois que la condition principale de l'amélioration du sort de l'Italie, celle qui passe avant toutes les autres, est de relever sa renommée, de faire que toutes les nations du monde, que les gouvernements, que les peuples rendent justice à ses qualités. Pour cela, deux choses sont nécessaires : il nous faut d'abord prouver à l'Europe que l'Italie a assez de sagesse civile pour se gouverner librement, qu'elle est en situation de se donner la forme de gouvernement la plus parfaite. ”
Cour impériale de Paris. Procès de Mgr Dupanloup… (1860)
“ Or, voici ce qui se passe en Italie : les populations sont lasses d'être gouvernées et administrées par des souverains qui abusent de leur pouvoir ; elles veulent vivre au grand air, vivre librement, choisir leur chef. L'Italie ne veut pas autre chose que ce que la France, a voulu pour elle-même. Cet attentat dont on vous parle, dont on vous effraye, se borne à ceci : une province faisant partie des Etats romains, veut s'affranchir du gouvernement des cardinaux; elle prétend avoir droit à la justice, à la liberté, à sa nationalité. ”
Albert Blanc,
Revue des Deux Mondes
“ Nous avons confiance que le gouvernement voudra s’unir aux peuples italiens, quelle que puisse être, par suite des changemens récens, la forme des gouvernemens qui les régissent, et que, reconnaissant au peuple le droit de se constituer, il saura protester au besoin contre toute intervention dans l’Italie centrale. ”
Adrien Dubief, Revue des Deux Mondes
“ L’Italie peut trouver dans ses institutions plus de facilité que d’autres nations pour avoir la continuité de vues qui permet une politique suivie. Elle a un gouvernement capable de défendre l’intérêt général contre les sollicitations égoïstes des intérêts locaux et privés, son parlement ne subit pas l’action dissolvante des oppositions antidynastiques et peut contenir des majorités homogènes. ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire…
“ Que ceux qui refusent à l’Italie le droit d’être à Rome voient dans cette loi un attentat nouveau, ils sont, eux aussi, dans leur rôle. Le gouvernement peut répondre à la gauche en montrant l’Italie paisible, affermie dans son existence nationale, accréditée à l’extérieur justement par cette politique de libérale modération qu’il suit avec persévérance. ”
Union hellénolatine. F. Cavallotti à la France… (1890)
“ Aujourd'hui l'Italie est indépendante; mais la voie qu'elle a suivie pour acquérir et sauvegarder cette indépendance a-t-elle été la meilleure? La torsion de coeur que son gouvernement lui a infligée, en défiance et en anathème de la France, profitera-t-elle à sa grandeur et à sa postérité? ”
M. Ferrari, Revue des Deux Mondes
“ Au moyen-âge, la division reparaît : toutes les villes italiennes ont leur iliade, leur poésie, leurs gloires, ce qui n’empêche ni le développement du commerce italien, ni celui de la littérature, ni l’indépendance du pays. A la renaissance, l’Italie réunit chez elle tous les principes, tous les gouvernemens, toutes les idées ; on y trouve toutes les formes possibles de la pensée et de la politique, depuis la république jusqu’à la théocratie. Chaque état doit lutter contre cette variété infinie d’intérêts et d’idées ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 octobre 1859
“ Les succès de l’Italie centrale seront nos succès, ses échecs seront nos échecs, ses revers seront nos revers. Nous ne pouvons perdre de vue, dans l’examen des solutions que l’on s’apprête à produire pour les affaires d’Italie, ni la solidarité de nos principes, ni la responsabilité que notre pays a encourue cette année en prenant, par l’organe de son gouvernement, dans la politique italienne, une initiative si résolue, qu’elle acceptait d’avance la chance de la guerre. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Ce serait trop pour le gouvernement pontifical que de s’obstiner à ne pas réformer l’administration locale et de punir cruellement les désordres dont elle est la cause principale. Au surplus il faut le répéter, c’est là un point qui intéresse également tous les gouvernemens de la péninsule, et on peut dire tous les gouvernemens de l’Europe, car l’Italie ne serait pas profondément agitée sans que la paix générale s’en trouvât plus ou moins compromise. Il faut sans doute respecter l’indépendance de chaque état quelles qu’en soient l’étendue et les forces, le droit est le même pour tous ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ Aucun des hommes politiques italiens les plus éminens, ni, s’il était possible, tous ensemble réunis, ne pourraient réussir à dominer la situation, et à donner à l’Italie un gouvernement qui réponde de son salut, si, avant tout, on ne reconnaît pas que nous nous sommes fourvoyés, et qu’il est indispensable et urgent de nous mettre dans le droit chemin. ”
Ernest Rasetti, L'Italie et la maison de Savoie… (1860)
“ Malheureusement, les gouvernements de l'Italie centrale avaient depuis longtemps séparé leur cause de la cause de l'Italie, en se liant, en droit et en fait, avec l'étranger, qui, dès lors, était devenu le seul soutien d'un pouvoir décrié et voué à la désaffection générale. Les souverains de ces pays n'ont pas été victimes d'une révolution proprement dite ; ils ont choisi eux-mêmes entre leurs devoirs comme princes italiens et leurs engagements avec l'Autriche ; ils ont quitté leurs États sans y laisser de gouvernement ”
François Joseph Emmanuel de Guignard de Saint Priest, La guerre d'Italie : campagne de 1859 (1882)
“ Pour ce qui est de l'équilibre européen, il n'y a pas à s'en inquiéter : l'Italie constituée en nation formera un nouvel élément de cet équilibre; ce qui nous importe essentiellement, c'est de créer une Italie, et non moins de régler d'une façon satisfaisante l'état des populations soumises au gouvernement papal. ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Rien ne caractérise mieux peut-être les conditions actuelles de l’Italie que cette existence d’un pouvoir organisé représentant dans ce qu’elles ont de plus sérieux les aspirations nationales, que cette incarnation pour ainsi dire de l’idée d’indépendance dans un gouvernement. Il n’y a que les esprits légers ou imbus de chimères qui pensent que tout réside dans les mouvemens spontanés, dans les agitations anonymes et les explosions incohérentes. ”
Ferdinand Lecomte,
L'Italie en 1860 : esquisse des événements militaires et politiques
(1861)
“ Et il ne suffit pas de dire, pour nier les conséquences de ce principe, qu'il s'agit d'une question entre Italiens. L'Italie, telle que l'histoire l'a faite, telle que l'Europe l'a constituée, se compose de divers Etats avec des gouvernements indépendants. Voilà le droit reconnu. Que les peuples qui se constituent soient libres de choisir leur gouvernement, qu'ils soient libres, si l'on veut, de pousser jusqu'à ses dernières limites la théorie de leur souveraineté, de renoncer à leur indépendance ”
Congrès national des sociétés savantes, Ministère de l'Education Nationale… (1962)
“ Le problème de l'Italie centrale est grave. Si elle veut, elle peut, comme la Belgique de 1830, conquérir et conserver sa liberté, constituer un gouvernement de son choix, mais pour cela, il faut qu'elle renonce à l'annexion au Piémont. C'est là ce que l'Europe ne permettrait pas, parce qu'au lieu d'une Confédération on aurait bientôt en Italie un seul Etat, dont l'existence dérangerait tout l'équilibre européen. Et la France peut-elle vouloir qu'une monarchie italienne unitaire, puissante, se constitue ainsi à son flanc sans aucune garantie pour l'avenir? ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 novembre 1867
“ D’ailleurs la conférence demandée par l’Italie elle-même peut se réunir. En ce cas, il ne serait pas d’un médiocre intérêt pour l’Italie d’avoir à la tête de son gouvernement un homme entouré d’une considération européenne. Plus l’homme d’état qui aura alors la présidence du cabinet de Florence sera modéré, plus il pourra montrer de fermeté et exercer d’influence sur les conseils de l’Europe. Les Italiens ont à faire respecter leur patriotisme par le monde ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ L’Italie d’abord, l’Italie surtout ; nous nous occuperons prochainement de l’Allemagne. Ah ! si quelque chose peut augmenter la détestation publique qu’a partout encourue, en Europe, le parti démagogique, c’est le tableau de l’Italie telle qu’il l’a trouvée et telle qu’il la laisse. Il y a dix-huit mois, l’esprit libéral modéré animait partout l’Italie. À Rome, un pontife éclairé et bon prenait l’initiative d’une administration aussi laïque que le permet la nature du gouvernement romain ”
“ Le ministère actuel, il est vrai, n’est point le cabinet qui convient à un grand pays dans une crise solennelle, et nous ne sommes pas surpris que les Italiens s’inquiètent de porter à la tête de leur gouvernement des esprits mieux assurés et des mains plus fermes. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 septembre 1861
“ Nous ne pensons pas que rien soit changé dans la politique du gouvernement français à l’égard de l’Italie. Nous admettons que ce gouvernement soit fort embarrassé par la nécessité de résoudre la question romaine, et que les difficultés qui dans cette question lui sont personnelles l’empêchent d’arriver au dénoûment avec la célérité que l’Italie désire. ”
Camillo Benso Cavour, Œuvre parlementaire du comte de Cavour (1862)
“ On y rappelait que depuis le vote de confiance donné au ministère en juin 1860, onze millions d'Italiens étaient venus se réunir aux onze autres millions qui formaient déjà le royaume; que les succès obtenus étaient dus à l'initiative des populations, à la valeur des volontaires, mais aussi à la politique suivie depuis 1848 par le gouvernement du Roi ; les événements récemment accomplis obligeaient le ministère à s'assurer qu'en continuant à la suivre il avait l'appui du Parlement. L'Italie, ajoutait le rapport, est libre désormais; Venise fait exception ”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 juin 1869
“ Ils ont triomphé des grands obstacles, ils se perdent dans les petites difficultés. L’Italie vient d’entrer dans une des phases les plus ingrates qu’elle ait traversées depuis longtemps, et, par une bizarrerie de plus, cette crise sans nom, d’un caractère insaisissable, s’est déclarée le jour où le ministère de Florence paraissait s’être fortifié et raffermi, où un rapprochement d’opinions semblait s’être accompli par l’entrée de quelques dissidens piémontais et de quelques membres du tiers-parti dans le gouvernement. ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 août 1862
“ Les populations italiennes viennent, elles aussi, de faire leurs preuves de sagesse et de sang-froid : elles ont montré qu’elles étaient capables de résister au prestige d’un homme qu’elles ne peuvent point ne pas aimer, lorsque cet homme impatient voulait, à l’accomplissement immédiat du vœu national, sacrifier les conditions du gouvernement régulier dans son pays et la conservation de l’alliance qui a le plus efficacement servi la renaissance italienne. ”
Les pontificaux et les Garibaldiens… (1868)
“ Je cherche vainement en Italie la révolution sous une forme sérieuse et nationale; je n'aperçois qu'un gouvernement dilapidateur, follement ambitieux, sans racines profondes dans le sol, sans cesse occupé à surexciter les populations qu'il est incapable de conduire, et s'efforçant de substituer les aspirations passionnées aux forces morales qui lui font défaut. Ce qui arrive en Italie depuis plusieurs années, ce n'est point ce que la révolution impose, c'est ce que le gouvernement a voulu et préparé. ”
François Guizot,
Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps…
“ L'indépendance des États et des souverains italiens à l'égard de toute puissance étrangère, le libre et tranquille accomplissement, dans chaque État italien, des réformes que le souverain et le pays jugeront, de concert, nécessaires et praticables, voilà toute notre politique en Italie, la seule qui convienne à la France, la seule bonne, je n'hésite pas à le dire, pour l'Italie elle-même, malgré l'humeur qu'elle ressent de ce que nous ne nous mettons pas à son service pour en sortir. ”
Charles de Mazade,
La Seconde expédition de Rome
“ Rien n’était plus simple que la politique à suivre pour les Italiens : ils n’avaient qu’à attendre, à se donner une administration qu’ils n’ont pas, à se créer des finances qu’ils ont encore moins, à développer toutes les forces du pays, à enfermer ce reste de pouvoir temporel dans le cercle magique d’une nation vivace, rajeunie, retrempée par la liberté, et en définitive à profiter des circonstances. ”
Eugène Forcade — Charles de MAZADE, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 janvier 1860
“ Enfin, au point de vue purement italien, ces conseils donnés de haut, si favorables qu’ils soient au fond à la cause de l’indépendance italienne, ne courent-ils point le danger, en se répétant, d’être représentés comme une immixtion étrangère ? Le droit populaire ne perd-il pas quelque chose de son prestige à recevoir du dehors une protection si marquée ? Ne devons-nous pas prendre garde, si nous voulons que quelque chose de vraiment indépendant et de durable se fonde en Italie, de laisser voir trop fortement l’empreinte française ? ”
A l'Europe. Les destinées de l'empereur Napoléon III,…
“ Ainsi pour ne pas créer dans l'Italie Centrale de nouvelles dynasties et divers partis politiques, le plus sage parti à prendre par les Italiens serait de constituer les divers Duchés de l'Italie Centrale en un seul Etat sous le Gouvernement de l'un des anciens Ducs, auquel les autres cèderaient leurs droits, à condition de succéder en cas d'extinction de la famille de celui qui monterait aujourd'hui sur le Trône. ”
J. Ferrari, L’Aristocratie italienne
“ La démocratie doit à la France l’anéantissement des grandes familles, l’unité des lois réalisée partout d’un seul coup pour la première fois dans la péninsule ; elle lui doit l’idée du royaume d’Italie, c’est-à-dire l’idée de l’unité nationale. Le droit nouveau, en octroyant aux peuples la faculté de se gouverner par la raison, impliquait comme conséquence la conquête de l’indépendance italienne : ce mot, inconnu au XVIIIe siècle, fut en 1814 le mot d’ordre de la péninsule. A la même époque, au contraire, l’aristocratie jeta la plèbe et les brigands sur le libéralisme ”
