Résumé

Portrait de Georges d’Esparbès Georges d’Esparbès La légende de l'aigle : poème épique en vingt contes (1893)

L'Aigle! Qu'on cherche Massouille! Il nous faut le drapeau !
Déjà, les Autrichiens fuyaient. Alors, on entendit les tambours! Les hommes s'élancèrent, et pour la dixième fois Massouille apparut. Sa hampe tricolore d'un poing, il faisait face à la débâcle, et tuait à gauche et à droite, en rigolant.
Les sabres qui l'avaient dépouillé lui avaient aussi fendu la culotte. Il était maintenant nu, tout à fait nu. Ses cheveux brûlés lui faisaient une tête de charbon, et une joie qui n'en finissait pas secouait sa gueule ! Dans les derniers coups de
fusils, on put l'entendre encore.
Source : Gallica

Portrait de Georges d’Esparbès Georges d’Esparbès La légende de l'aigle : poème épique en vingt contes (1893)

L'homme, qui avait un bras dans la bride, se tourna vers le clair de lune, et raide dans ses bottes, leva sa gueule de bataille : — Lafollye, dit « Sans-Souliers », dragon de la Garde.
C'était un homme de quarante ans, qui avait fait toutes les campagnes de la République. Il secoua son cou et sourit, puis, l'œil sur la foule, avec une lenteur forte, il dégrafa les anneaux de son sabre des crochets porte-mousquetons, darda la lame, et regardant l'officier qui s'approchait, la lui allongea dans le ventre.
Alors des cris surgirent de la nuit : — A mort le fondeur de cloches!
Source : Gallica

Portrait de Georges d’Esparbès Georges d’Esparbès La légende de l'aigle : poème épique en vingt contes (1893)

Le vieux grenadier tiraillait déjà sur la crète. Alors la danse commença. Une ligne d'éclairs illumina Ratisbonne, et les fusillades rugirent ; — mais après trois heures de tumulte, à bout de souffle, à bout de voix, les canons autrichiens reculèrent.
La ville était prise.
Là-bas, Duclos se battait toujours. Au milieu d'une place, entouré de l'état-major, exposé au feu de l'ennemi, nu-tête, l'habit en loques, il rallia ses grenadiers; mais au moment où il ordonnait une charge, le galop d'une vingtaine de bêtes s'arrêta derrière lui.
— Halte, dit une voix.
C'était l'Empereur.
Source : Gallica

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