Émile Driant

Émile Driant

Résumé

Portrait de Émile Driant Émile Driant Jean Tapin

Lisette, folle de bonheur, se jeta en pleurant à son cou, Henri et Jean l’entourèrent de leurs petits bras. Les baisers, les exclamations se croisèrent, suivis de regards et de silences plus éloquents que toutes les paroles ; et dans l’atmosphère d’ardente affection où il revivait soudain, Jean connut le bonheur le plus complet qu’il soit donné à l’homme de rencontrer.
— C’est fini !... c’est toi ! tu ne vas plus me quitter, jamais, jamais ! Oh ! mon Jean !
Ce ne fut pas sans peine que le jeune colonel expliqua à Lisette qu’il comptait suivre l’Empereur à l’Île d’Elbe.
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Portrait de Émile Driant Émile Driant Jean Tapin

« Tout d’un coup, v’là que je vois dans le bivouac de la Garde, comme si qu’y avait le feu. On y voyait clair comme en plein jour et qu’est-ce que je distingue ?... Le petit Tondu qui se promenait au milieu des grenadiers, et tout du long qu’ils allumaient des torches de paille pour l’éclairer, en criant comme des enragés :
« — Vive l’Empereur !
« Pour lors, moi que ça m’a fait quelque chose, et comme si que le Tondu il aurait pu m’entendre, v’là que je cric aussi : Vive l’Empereur !
« — Cré nom de nom ! Mille millions de pétards ! C’qui t’a permis de parler en faction ? »
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Portrait de Émile Driant Émile Driant Jean Tapin

Il tendait à Jean, ébloui, un parchemin où s’étalaient le sceau et le paraphe de Napoléon.
Le cœur battant à coups précipités, Jean n’eut qu’une idée : écrire aussitôt à la chère absente et lui apprendre son bonheur.
N’est-ce pas doubler une joie que de la partager avec ceux que l’on aime ?
« Capitaine ! écrivait-il. Je suis capitaine, ma chère Lisette ! L’Empereur vient de me donner ma double épaulette et je reste attaché à l’État-Major ! Crois-tu que je puis l’aimer et aurais-je assez de ma vie entière pour le servir ! »
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