Gérard de Nerval,
Promenades et Souvenirs
(1861)
“ H est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber 4, Un air très-vieux, languissant et funèbre, Qui pour moi seul a des charmes secrets. Or, chaque fois que je viens à l'entendre, De deux cents ans mon âme rajeunit : C'est sous Louis treize... Et je crois voir s'étendre Un coteau vert que le couchant jaunit, Puis un château de brique à coins de pierre, Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs, Ceint de grands parcs, avec une rivière Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs. Puis une dame, à sa haute fenêtre, Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens., Que, dans une autre existence peut-être» ”
