Henri Basset

Résumé

Henri Basset Le culte des grottes au Maroc (1920)

Il est d'expérience courante, pour qui habite l'Afrique du Nord, que les indigènes de cette contrée éprouvent en général pour les grottes, ne fussent-elles l'objet d'aucun culte spécial, un sentiment de crainte très marqué. Les plus hardis n'y pénètrent qu'avec une visible répugnance; à l'ordinaire, ils se refusent absolument à accompagner, même à quelques pas de l'ouverture, les Européens, quand ils ont consenti, ce qui est rare, à les guider jusqu'à l'entrée. La grotte, si peu profonde qu'elle soit, leur inspire un sentiment de terreur religieuse qu'ils n'arrivent pas à surmonter.
Source : Gallica

Henri Basset Le culte des grottes au Maroc (1920)

Mais les ruines de la mosquée de Chella sont un des endroits les plus peuplés de jnoun qui soient au Maroc. Au coin le plus retiré, entre des murs éboulés envahis par une végétation très dense, est un petit bassin recouvert tout entier par le feuillage d'un figuier sacré, qui ne laisse filtrer qu'une rare lumière : endroit où l'on sent vraiment un peu de religieuse horreur. Le lieu est entre tous rempli de jnoun; les femmes y vont laver leur chevelure, et accrocher des myriades de chiffons aux rameaux de l'arbre : c'est dans toute sa beauté le culte des génies guérisseurs.
Source : Gallica

Henri Basset Le culte des grottes au Maroc (1920)

Dans toutes ces grottes sacrées, sauf rares exceptions, comme aux grottes de Sefrou ou d'el-Maqta', près de Fès, on ne pénètre pas. C'est à l'entrée, ou tout près de l'entrée, que se font les sacrifices, que l'on interroge l'oracle ou que les malades s'endorment. Et cela nous fait songer, dès l'abord, au culte des cavernes, tel qu'il se pratiquait dans l'antique Berbérie. Le rapprochement serait à faire à chaque instant : l'un est bien l'héritier de l'autre.
Source : Gallica

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