Henri Soumagne

Résumé

Henri Soumagne Le seigneur de Bury (1946)

Elle ne pleure pas. Elle ne peut pas pleurer. Dans de semblables moments, c'est la force qui doit dominer. Et parce qu'elle ne pleure pas, comte de Bocarmé, vous la traitez de femme dure, de femme insensible et sans âme. Sans âme ! parce que nous faisons tout pour vous sauver. Sans âme ! parce que nous n'osons pas pleurer la mort de notre frère. Mais nous sommes placés entre
deux abîmes : d'un côté un cadavre ; de l'autre l'échafaud. Non nous n'avons pas pleuré. Vous nous auriez accusé de vous perdre si nous avions agi autrement.
Source : Gallica

Henri Soumagne Le seigneur de Bury (1946)

La pluie et le vent continuaient à faire rage. Le lampion que la jeune bonne tenait à la main s'éteignit. Pour s'abriter de la bourrasque, Justine longea les murailles du château et passa sous les fenêtres de la salle à manger.
Là, elle entendit un râle sourd, un râle effrayant, le râle de quelqu'un que l'on étranglerait, que l'on « mancerait » pour employer le patois de Justine.
Son épouvante encore accrue, la servante se dirigea en courant vers le vieux quartier, gravit quatre à quatre
l'escalier de service et pénétra dans la chambre des enfants où elle rejoignit Emerance et Virginie.
Source : Gallica

Henri Soumagne Le seigneur de Bury (1946)

Son seul crime est d'avoir voulu cacher le crime de son mari.
L'accusation soutient que la comtesse a été la complice de l'empoisonneur. S'il avait eu besoin d'un complice, ce n'est point cette femme qu'il maltraitait sans cesse qu'il aurait choisie.
—Si Madame de Bocarmé a participé au crime, c'est elle qui, nécessairement, a versé le poison. De ceci, l'accusation est bien en peine d'apporter la moindre preuve, tandis que j'ai les mains pleines d'arguments, moi, pour établir que le crime est l'oeuvre d'une seule personne.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature