Résumé

Portrait de Henri de Bornier Henri de Bornier Le jeu des vertus : roman d'un auteur dramatique (1886)

Ce poète si jeune encore, d'une si puissante organisation, semblait tout à coup devenu stérile. C'est que la moquerie, la raillerie est à l'esprit ce que la débauche est au cœur. Le premier clou une fois planté, comme dit Alfred de Musset, on ne l'arrache, si on y parvient, qu'après de longs et terribles efforts ; l'habitude de l'ironie est mortelle aux grandes pensées; quand on s'est trop moqué des autres, on devient timide pour soi-même, et on craint ce juste retour clés choses d'ici-bas, cette revanche de la justice qui frappe tôt ou tard un homme avec les armes qu'il a forgées.
Source : Gallica

Portrait de Henri de Bornier Henri de Bornier Le jeu des vertus : roman d'un auteur dramatique (1886)

Évidemment, se dit Robert, c'est pour moi, et non pour ma tante, qu'elle a souligné cette phrase; elle a voulu me rappeler sa résolution inébranlable. Me voilà retombé de mon rêve. Pas plus que sa sœur!
Et cependant Robert espérait toujours; il lui semblait impossible que l'absence même, l'éloignement, les conseils de Stéphane, dont il connaissait la générosité maintenant, n'eussent pas une influence meilleure sur l'esprit de la jeune fille. Les espérances dans
le cœur des amoureux sont, comme les racines du chêne, plus profondes que les branches ne sont hautes.
Source : Gallica

Portrait de Henri de Bornier Henri de Bornier Le jeu des vertus : roman d'un auteur dramatique (1886)

Mais la mort ne voulait pas de lui. Robert reprit ses sens après quelques minutes, et il rentra le soir au château de Rillé.
Cet événement, malgré la satisfaction que donne le devoir accompli, ne fit qu'augmenter sa tristesse. La mort, vue de si près, lui avait paru si douce qu'il la regrettait encore plus qu'il ne l'avait désirée. Il entra dans une mélancolie plus noire, passant de longues heures à se rappeler qu'en fermant les yeux, au moment où il avait cru mourir, il avait cru aussi voir Gilberte se pencher vers lui et poser ses lèvres sur son front.
Source : Gallica

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