Henri de Bornier,
Le jeu des vertus : roman d'un auteur dramatique
(1886)
“ Ce poète si jeune encore, d'une si puissante organisation, semblait tout à coup devenu stérile. C'est que la moquerie, la raillerie est à l'esprit ce que la débauche est au cœur. Le premier clou une fois planté, comme dit Alfred de Musset, on ne l'arrache, si on y parvient, qu'après de longs et terribles efforts ; l'habitude de l'ironie est mortelle aux grandes pensées; quand on s'est trop moqué des autres, on devient timide pour soi-même, et on craint ce juste retour clés choses d'ici-bas, cette revanche de la justice qui frappe tôt ou tard un homme avec les armes qu'il a forgées. ”
