Henry Auguste Brölemann

Résumé

Henry Auguste Brölemann Souvenirs et portraits (1882)

Lyon respira. La bravoure d'Augereau, les nouvelles de glorieux combats livrés par Napoléon, la sotte confiance que l'on accordait à l'impératrice Marie-Louise, l'image du petit roi de Rome que l'on considérait comme un talisman propre à arracher d'heureuses conditions de paix aux entrailles de son grand-père, diminuaient les appréhensions et rendaient du courage. On parlait d'une levée en masse dans les Vosges, on amplifiait les succès de l'empereur, on se rêvait de rechef sur le Rhin ! Comme l'on passe vite de la crainte à l'espérance et de l'espérance à l'orgueil !
Source : Gallica

Henry Auguste Brölemann Souvenirs et portraits (1882)

Au
milieu de ce salon, à une table longue en bois précieux, toute fière d'une magnifique écritoire, riche d'un beau désordre de brochures, de minutes entreposées sous des presse-papiers artistiques, siégeait, vêtu de noir, en habit de drap fin, souliers à boucle d'or, petite perruque ronde merveilleusement poudrée, un homme de l'ancien temps, refleurissant sous la Restauration comme ces arbres que les ardeurs de l'été livrent à l'automne pour les rafraîchir et leur redonner de la vigueur.
Tel était M. Eddon, la plume à la main, le doigt satisfait de la charge d'un gros diamant
Source : Gallica

Henry Auguste Brölemann Souvenirs et portraits (1882)

Avec quel plaisir, quelle légèreté de corps et d'esprit, me voyait-on escorter mes tantes, tantôt en avant, tantôt en arrière, jusqu'au lieu de l'embarquement! Quel bonheur de poser son pied sur la banquette de la barque vacillante qui
nous attendait au bord de la Saône ! Avec quel transport je m'écriais : Adieu Lyon, je pars !
Allons, rame, Claudine ! L'odeur marécageuse de la Saône m'était un suave parfum, et cette Claudine à peau ridée, une sirène, une délicieuse ondine dont toutes les paroles m'allaient au cœur.
Source : Gallica

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