Résumé

Portrait de Henry Houssaye Henry Houssaye Les Peintures du nouvel Opéra

Autant dans un tableau rempli de figures, comme le Saint Symphorien, l’Entrée des croisés à Constantinople, l’Orgie romaine, il est admissible que quelques visages soient cachés, autant ceci doit être évité dans une composition de trois figures.
À cette toile, il semble donc que celle qui représente la mort d’Orphée doive être préférée. Au milieu d’une vaste prairie d’un vert tendre, le poète chassé, couru, forcé comme une bête par les ménades indomptées, vient de tomber épuisé. A demi mort, il n’attend plus que le coup de grâce.
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C’est l’harmonie elle-même, l’harmonie des formes, des groupes, des couleurs. Les figures, tenues dans une gamme mate, ont la pureté du dessin, le relief du modelé. La femme nue, agenouillée, vue de profil, qui ressemble extrêmement, comme type de beauté, à la femme primitive du tableau des Poètes, est admirable. Le paysage, d’un vert tendre, avec des lointains bleuâtres et dégradés, est d’une fraîcheur et d’une virginité de touche incomparables.
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L’œuvre est en tout point réussie, la couleur claire et lumineuse charme, le dessin, si audacieux, surprend. Peut-être M. Baudry fait-il jouer un rôle singulier au Satyre en le transformant en Cassandre de comédie ou en traître de mélodrame. Dans la fable, le Satyre, tout laid qu’il soit, a une beauté étrange ; il trompe les autres et n’est pas trompé ; il bat les autres et n’est pas battu.
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