Henry de Golen

Le vagabond (1937)

Résumé

Henry de Golen Le vagabond (1937)

Ses yeux calmes considéraient le paysage, le village, le vieux mas qu'il avait choisi parmi les oliviers des prairies, où il comptait mourir... Il était satisfait de l'abondance de sa pêche, il sifflotait une sorte de marche guerrière et triomphale, heureux de sentir l'admiration à son égard du pêcheur qui portait le filet, et qui l'estimait comme un des hommes encore le mieux musclé de la contrée, un rameur, nageur et pêcheur de valeur, et un chasseur de première force qui ne manquait jamais son gibier... Ces innocentes petites vanités étaient le plus grand plaisir de l'ancien officier.
Source : Gallica

Henry de Golen Le vagabond (1937)

La cuisine se trouvait en dehors de la bastide, dans un bâtiment assez lointain, d'où Mado n'entendait que fort mal la voix de son maître. Aussi l'officier prévenait-il, d'habitude, l'Arlésienne par des coups d'un marteau de cuir donnés sur un gong algérien, suspendu près du mur derrière lui.
Il prit le marteau et heurta plusieurs fois la plaque ronde de cuivre. Un son, faible d'abord, s'en échappa, puis grandit, aigu, vibrant, suraigu, démesuré.
Mado apparut bientôt, tenant dans ses mains le plat
des deux loups grillés d'où s'envolait une savoureuse odeur de beurre fondu.
Source : Gallica

Henry de Golen Le vagabond (1937)

Le commandant se mit à marcher vers le mas. — Allons dîner, dit-il.
Et dans la profonde pitié qui le soulevait soudain, il songea avec une joie instinctive au beau poisson pêché par lui, ces deux loups au beurre qui, joints
au lapin provençal, et à tout le reste, feraient, ce soir-là, un succulent repas pour ce misérable être.
Source : Gallica

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