“ Or, comme le long du palais il survint dans ce même temps un grand bruit, occasionné par le nombre immense du peuple, sur la crainte que Masaniello ne fut arrêté ou tué, le vice-roi se présenta d'abord avec lui à la fenêtre : et Masaniello, pour montrer au vice-roi le pouvoir qu'il avait sur le peuple, lui dit : « Maintenant, je veux faire voir à votre excellence combien est obéissant le peuple de Naples. » Tout aussitôt il cria : « Vive Dieu, vive le roi d'Espagne, vive le cardinal Fillomarino , vive le duc d'Arcos, vive le très-fidèle peuple de Naples !» ”
Résumé
“Histoire de plusieurs aventuriers fameux depuis la plus haute antiquité jusques et compris Bonaparte par N.-L.-P.. Tome 1”, publiée en 1814, est une œuvre de . Des thèmes tels que Masaniello, vice-roi ou Pierre Varbech y sont abordés.
Citations de Histoire de plusieurs aventuriers fameux depuis la plus haute antiquité jusques et compris Bonaparte par N.-L.-P.… ()
“ Le trouble de la duchesse augmentant à ce son de voix, elle ne pouvait ni parler, ni remuer de sa place. « Renlettez-vous, ma chère cousine, poursuit le faux cousin, d'un air passionné. Je ne suis pas un fantôme, je suis le même don Sébastien que vous honoriez autrefois de votre bienveillance, et je reviens aussi plein de votre idée que je l'étais lorsque je partis pour l'Afrique ». Nous n'avons pas cru pouvoir raconter de meilleure grâce et plus spirituellement cette entrevue, et les autres particularités de cette surprenante aventure, qu'en nous servant du style de mademoiselle Desjardins. ”
“ Cet homme avait abusé d'une erreur outrageante au rang de la princesse, et l'inconstance dont ce crime avait été suivi, était plus injurieuse que la première offense ; mais Xérine avait aimé véritablement le faux don Sébastien ; on ne hait jamais ce qu'on aima de tout son amour. Xérine exécuta religieusement les volontés du faux Sébastien; elle se retira en Afrique, sitôt que sa douleur le lui permit, et ne traversa d'aucun obstacle les prétendans à la couronne de Portugal. ”
“ « Vive le roi d'Espagne et point de maltôte. » La première milice de Masaniello , composée de deux mille petits garçons , portait en guise d'étendard un chiffon de toile noire attaché au bout d'une canne, et avec des voix très-lamentables criaient: « Ayez pitié de ces pauvres âmes du purgatoire, qui ne pouvant plus supporter la charge pénible , vont en chantant leur salut : frères, coopérez avec nous; sœurs y aidez-nous dans une si juste entreprise, nécessaire et profitable à un chacun ». ”
“ Pierre Mathieu, dans le livre IV de l'histoire de Henri iv, roi de France en sa quatrième narration, nous fait remarquer que comme les fables rencontrent volontiers plus de créance et d'applaudissement que la vérité, les Portugais donnèrent incontinent cours à ce bruit, savoir, que don Sébastien n'était pas mort. C'était athéisme entr'eux de ne le croire : inhumanité aux princes et républiques de l'Europe de ne le secourir, et injustice, de ne le traiter en roi. ”
“ Alexandre prit aussitôt sa place, avec une longue chevelure bien peignée, une saie de pourpre rayée de blanc, couverte d'un surplis par-dessus, habillement des anciens prophètes, tenant en sa main une faux comme Persée, de qui il se disait descendu du côté de sa mère ; car ces misérables Paphlagoniens, quoi- qu'ils eussent connu son père et sa mère, qui étaient de pauvres gens, étaient si sots que de croire un oracle trompeur qu'il publiait, par lequel il se disait fils de Podalyre, qui devait être bien ardent pour venir de Trique en Papblagonie, coucher avec la mère de notre imposteur. ”
“ Arrachez-vous de la mort, s'il est possible, poursuivit-elle, nous vous ferons un destin peut-être plus heureux et plus tranquille en Afrique que celui que le sort vous a refusé en Portugal. Le mourant fut si touché de cet excès de générosité, qu'il ne put le supporter sans mourir ; il expira dans les bras de la trop passionnée Xérine, dont l'âme pensa suivre ”
“ A mesure que la cavalcade s'avançait , le peuple y accourait de toutes parts. Le capitaine des gardes du viceroi vint à la rencontre de Masaniello, à cheval, sans armes et le salua au nom de son maître, qui l'attendait avec une grande satisfaction. Masaniello lui rendit le salut accompagné de beaucoup de paroles et de gravité ; ce qu'étant fait, il s'arrêta en faisant signe au peuple de demeurer et de ne passer pas outre : à ce signe , on vit cette innombrable troupe faire halte, et observer un profond silence. ”
“ Les villageois et villageoises se trouvèrent aussi en armes, qui, ayant passé la revue devant le capitaine gériéral Masaniello, furent portés hors de la ville pour garder les chemins, afin d'empêcher que les Espagnols ne pussent être secourus. Dans ce même temps, les privilèges furent mis entre les mains du peuple ; et le vice-roi faisant proclamer l'amnistie et le pardon général, en abolissant tout acte de rébellion qui y serait arrivé, le peuple entendant cette parole de rébellion, s'irrita de telle sorte qu'il cria de continuer la guerre jusqu'à ce qu'il fût entièrement satisfait. ”
“ Etant sous les fenêtres du palais, ils se mirent à crier, que non-seulement ils voulaient être déchargés de la maltôte des fruits, mais encore de toutes les autres, principalement de la farine. Le vice-roi entendant une telle rumeur, se fit voir disant au peuple qu'il serait soulagé en leur étant cette maltôte et une partie de la farine ; mais le peuple, ne se contenant pas, disait qu'il voulait être déchargé de tout, en répliquant toujours : Vive le Roi et meure le mauvais gouvernement. ”
“ Le corps était porté sur un brancart majestueux , couvert d'un beau drap de velours, avec le bâton et les autres marques de capitaine général. Les religieux de chaque ordre allaient devant en très-grand nombre avec les torches allumées, et les prières ordinaires. Plusieurs gens armés suivaient sous leurs enseignes, les piques à terre et les mousquets renversés, au triste son des tambours couverts de noir; tout le peuple était armé et rangé par les rues, et au passage du corps mort il abaissait les drapeaux, ainsi que l'on fait aux chefs suprêmes. ”
“ Quelques blessés qui avaient encore un reste de connaissance, lui apprirent l'endroit où le Roi avait combattu; elle regarda et envisagea ces corps, en trouva un qui ressemblait extrêmement à son amant. Elle jeta un grand cri, l'embrassa, le remua, résolue à lui sacrifier sa vie ; le prétendu mort ou moribond. revient à lui, ouvre les yeux, soupire, proféré quelques paroles. Xerine dans un transport de joie, aidée de son esclave, porta le blessé au bord du fleuve Mucazen, qui côtoie cette plaine, lui lava et banda ses plaies. ”
“ Hammet, frère d'Abdelmelech, autrement Muley Moluc, sentit seul le fruit de cette victoire. Le corps de Mahomet fut soigneusement cherché par son ordre, et ayant été trouvé, sa peau lui fut ôtée, ensuite remplie de paille portée devant lui lorsqu'il fit son entrée triomphante en la ville de Fez. Ce Mahomet laissa un fils nommé Chiriffi, emmené en Espagne par son oncle Albequerin ; il se fit chrétien, et par la libéralité du roi Philippe II il fut fait commandeur de l'ordre de Saint-Jacques, quoiqu'on l'appelât ordinairement le Prince de Maroc. ”
“ Masaniello, en passant par lesdites boutiques, criait toujours : Sans gabelle, sans gabelle, ce que chacun prenait presque pour moquerie, ne s'arrêtant pas aux paroles d'un tel mendiant. Il attira cependant quantité de garçons, leur faisant dire : Vive le roi d'Espagne, et meure le mauvais gouvernement! ”
“ C'est une chose incroyable d'imaginer quelle fut la multitude de la populace qui accourut de tous cotés, outre celle qui avec une foule pressante remplit l'église des Carmes, dans laquelle, en présence du cardinal, les capitulations accordées et souscrites du Tice-roi et du conseil collatéml, furent lues en pleine chaire par un notaire public, où étaient aussi sur pied Masaniello, vêtu de toile d'argent, les conseillers Genoin et Arpaya, élu nouvellement du peuple , pour remplir la place du bandit Pérou. ”
“ Mudley fut de son opinon : ils convinrent qu'il fallait ménager les esprits des Portugais et de leurs principaux ministres d'état, afin de les obliger à maintenir les droits de leur monarque, avant que de l'exposer à la politique du nouveau roi. Mudley offrit à Sébastien et à Xerine, son amante, une retraite dans Hoscore, où il s'était assez fortifié pour ne craindre pas d'en être chassé. ”
“ Après cela, Alexandre marchait le premier, en criant : Hors d'ici, chrétiens; et toute la troupe répondait : Hors d'ici, Épicuriens ; puis on célébrait les couches de Latone avec la naissance d'Apollon, et le mariage de Coronis, suivi de la venue d'Esculape. Le second jour on célébrait la nativité de Glycon, et le troisième, le mariage de Podalyre et de la mère de notre prophète, où l'on allumait des torches, dont toute la cérémonie empruntait le nom de Dadis, c'est-à-dire des torches; on y représentait aussi les amours du prophète et de la Lune, d'où naquit la femme de Rutilianus ”
“ On y verra jusqu'à quel degré d'audace ces hommes, hardis et ambitieux ont porté la fourberie et l'abus du pouvoir; les excès de tout genre auxquels ils se sont livrés ; on frémira au récit des cruautés et des crimes atroces que ces monstres ont exercés pour s'emparer de la puissance et parvenir à leur but ; on verra enfin leur chute aussi rapide que leur élévation, et l'exécration des peuples appeler sur eux la punition de leurs forfaits. ”
“ « Je ne m'entremêle point avec les cavaliers : Dieu m'a mis ici pour le peuple » ; et, se tournant, il dit : « Mon peuple, priez pour moi, et prenez bien garde que, si vous perdez Masaniello, c'est malheur pour vous. » Puis, le vice-roi et Masaniello, avec une superbe cavalcade, s'en allèrent à l'archevêché, où l'on chanta le Te Deum en grande allégresse ”
“ Le roi Henri nomma pour son ambassadeur, Richard, évêque de Dunelme, qui était presque porté sur les lieux. Ils s'assemblèrent avec les conseillers d'état du roi d'Ecosse, et traitèrent des conditions de paix. La plus grande difficulté était touchant Pierre Varbech, que Henri demandait absolument qu'il lui fut livré , comme étant le perturbateur de son royaume, et la cause de toutes ces funestes guerres. Le roi d'Ecosse était trop généreux pour livrer à la mort cet homme, qu'il avait élevé jusqu'à le faire son parent. ”
“ Le dépit de la duchesse était d'autant plus juste , selon mademoiselle Desjardins, contre l'idée que nous en donne le père Strada, que ce faux Sébastien avait obtenu d'elle mille faveurs innocentes, que ce fâcheux succès rendait criminelles. Elle passa d'un extrémité à l'autre, et sa haine se mesurant sur la tendresse passée, elle envoya déclarer aux états, que le Portugais était un imposteur, qu'elle s'en était aperçue en plusieurs contradictions où elle l'avait surpris. ”
“ Masaniello soupçonnant quelque trahison dans l'esprit de Péron, ordonna que pas un ne quitterait les postes d'un côté de la grande place qu'il leur assignait pour quartier. C'est pourquoi les bandits, fachés de cette ordonnance, tirèrent quelques arquebusades contre Masaniello, sans toutefois le blesser, bien que dans sa chemise se trouvèrent quelques balles de plomb; sur quoi tout le monde étant ému au dernier point, il n'est pas possible de croire quelle fut la confusion ”
“ Pierre Varbech se défia de leur procédé, sachant fort bien que la populace n'use point de délibération pour les séditions, mais qu'elle s'y porte brusquement sans raisonner : c'est pourquoi il-demeura dans son bord; toutefois y il hasarda quelques-uns de ses gens, qui, dès qu'ils eurent perdu de vue leurs vaisseaux, furent chargés par cette populace, et repoussés jusqu'au bord de la mer ; il n'y eut que les plus poltrons et les plus agiles qui échappèrent de ce danger : les plus courageux et les plus pesans demeurèrent morts ou blessés ”
“ Ce triumvirat, composé de Masaniello, Péron, fameux capitaine des bandits, et de Jule Génoin, commença son exercice en notant plus de soixante maisons des ministres et autres , lesquels, comme ils disaient, avaient participé à la maltôte et s'étaient enrichis de leur sang. On y mit le feu pour donner exemple, et avec ordre y qui fut suivi, de punir de mort quiconque toucherait la moindre chose des biens des maltôtiers. ”
“ Sous peine de rébellion et de vie. On voyait pareillement aux lieux les plus apparens les affiches imprimées au nom et de la part de Masaniello, avec juste ressentiment des Espagnols de voir l'autorité du prince, qui doit être révérée de tous, ainsi méprisée et anéantie par un homme du peuple. Entre les autres ordonnances extravagantes que Masaniello fit publier, ce fut qu'un chacun, sous peine de la vie, se ferait raser la chevelure, déclarant qu'il faisait cela parce qu'on avait trouvé plusieurs bandits en habit de femme, sous lequel ils portaient des armes ”
“ Catherine, sœur de Marie, joignait ses droits à ceux de la maison des ducs de Bragance, prince du sang de Portugal, pour son fils Théodose. Catherine de Médicis, reine de France, y prétendait aussi, quoique de plus loin. Le pape Paul iv, paraissait aussi sur les rangs, prétendant que c'était un fief du saint Siège, et qu'il en devait disposer. Le roi d'Espagne , Philippe ii , était aussi fils d'Isabelle, fille du même roi Emmanuel, et sa femme, Marie, était encore plus proche, étant fille du roi Jean m, fils et successeur d'Emmanuel. ”
“ Le roi Henri, de son côté, se préparait à aller repousser l'injure et l'infidélité des Écossais, étant averti de leur retraite par les seigneurs de cette frontière, lesquels avaient fait devoir le mieux qu'ils avaient pu, s'étant retranchés et fortifiés, dans la résolution de les charger et de les harceler ; mais, sur cet avis, il rebroussa chenlin, et tint un parlement à Londres où plusieurs règlemens furent faits pour le bien de l'état. Comme les finances sont les nerfs de la guerre, il fallut lever des impôts, et cottiser les personnes par tête. ”
“ Mais la retraite desdits princes étant divulguée par la ville, et le peuple se voyant sans chef, parce qu'aucun des nobles ne voulut accepter cet emploi, il fut résolu de le conférer à Masaniello , le proclamant capitaine général ; lequel s'en réjouissant beaucoup, tout aussitôt à son de trompette et de tambour, fit soulever tout le reste du peuple. ”
“ Tous ces prisonniers furent condamnés comme traîtres : les chefs d'entr'eux , Simon Montfort, Robert Rateclyf et Guillaume Dabenei, eurent la tête tranchée ; l'on fit grâce aux autres. Jean Rateclyf fut conduit à Calais ; mais , parce qu'il fut surpris en tâchant de se sauver, il reçut pareil châtiment. Peu de jours après, Robert Clyfford arriva en Angleterre. Le roi voulut lui parler dans la tour, - afin que, s'il venait à découvrir quelques-uns des seigneurs qui étaient autour de sa personne, ils se trouvassent là tout arrêtés. ”
“ Il demanda à parler au prieur ; se jetant à son cou, il lui récite son aventure. Ce père , attendri et touché de sa misère lui promit de parler au roi; ce qu'effectivement il fît , le roi était trop religieux pour lui refuser sa demande , qui était de lui accorder la vie sans autre restriction, pourvu qu'il n'entreprît plus de s'enfuir. ”
“ Cependant les rebelles décampèrent de Welts, c'était là où Jacques Tuychert s'était mis à leur tête, et marchèrent vers Salisbury, de là à Winton, et enfin à Cantorbéry, espérant que ceux de cette contrée se joindraient à eux ; mais ils furent extrêmement trompés, vu qu'au contraire ils se mirent en campagne contileux, ayant a leur tête George, comte de Salisbury, le seigneur Jean Pol, et quinze ou seize autres seigneurs. La résolution et la fidélité de ces peuples étonna si fort l'armée rebelle, que plusieurs d'entr'eux les abandonnèrent s'échappant de leur camp à la faveur des ténèbres. ”
“ On ne saurait lire l'éloge de cette princesse , dans le ive. livre de la ire. Décade de l'Histoire latine de la Guerre de Flandres, par Famian Strada, sans être charmé du mérite et de la vertu de cette princesse, laquelle en l'absence et au défaut de don Sébastien, fut donnée en mariage par Philippe n, roi d'Espagne, son cousin germain f étant fils de frère et de sœur, à Alexandre Farnèse , duc de Parme , son neveu, duquel il devait recevoir des services les plus signalés, étant gouverneur de ses Pays-bas. Cette princesse parlait fort élégamment latin, et le grec aussi fort bien. ”
“ On admira la constance de Michel Joseph, maréchal de son métier, qui se consolait de ce qu'il avait ainsi fait parler de lui. Cependant, le roi d'Ecosse, profitant de ces désordres, était entré les armes à la main dans le comté de Duhelme, donnant la liberté de piller, brûler, saccager ; et avec une partie de ses troupes il assiégea Noram, ville frontière et d'importance. Richard Fox, évêque de Dunelme, homme vigilant, y avait jeté une bonne garnison , et l'avait bien fortifiée en ayant prévu le siège ”
Termes fréquents
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