“ La guerre, en s'accrochant au sol, força bientôt ces cavaliers à mettre pied à terre; ils abandonnèrent leurs montures sur lesquelles ils étaient trop grands, leurs cuirasses qui les alourdissaient, leurs sabres sans pouvoir contre les obus ennemis, et leurs tenues rouge vif et bleu sombre qui attiraient les balles ; ils se battirent avec un fusil, une baïonnette et des grenades. ”
Résumé
“Historique du 12e Cuirassiers”, est une œuvre de . Des thèmes tels que 12e cuirassiers, sous-lieutenant ou le régiment y sont abordés.
Citations de Historique du 12e Cuirassiers ()
“ Les obus, les « minenwerfer », les torpilles, firent de nombreuses victimes au régiment. Un « minenwerfer » tombant le 7 juillet devant la porte d'un abri, tuera 7 cuirassiers ; le 28 août, un seul obus, dans « l'entonnoir » de la ferme d'Alger tuera un cavalier et en blesseran. Les gaz asphyxiants que répandront des projectiles ennemis, ou que le vent du Nord poussera dans nos lignes, causeront aussi des pertes sensibles. Pendant les huit mois et demi que le 12e cuirassiers défendra la Pompelle et Alger, ses pertes s'élèveront à près de 350 tués, blessés ou intoxiqués. ”
“ Le commandant de St-Maurice ordonne le repli, qui est exécuté en bon ordre, et le bataillon, sans cesser de combattre et de contenir l'ennemi, s'établit à 15 heures au sud de Soucy où il se met en liaison, à gauche, avec le 5e cuirassiers, à droite avec le 8e. Le 2e bataillon, à l'ouest de Chafosse, avait été disposé en échelon défensif pour couvrir ce mouvement. Très violemment bombardé, il s'accroche au terrain et empêche l'ennemi de déboucher du ravin. Pendant toute la journée et la soirée entière, il reste sur sa position. ”
“ Les cavaliers Le Léannec et Choupin aperçoivent ensemble, à 20 mètres, deux mitrailleurs allemands à demi cachés par un hêtre. Le Léannec vise lentement le tireur et l'abat d'un coup de fusil ; puis Choupin et lui bondissent sur l'autre, le mettent hors de combat et lui arrachent sa pièce. La section peut alors continuer d'avancer. Plus loin, le cavalier Harmange, fusilier mitrailleur d'élite, couché en face d'une mitrailleuse dont les deux servants ne cessent de tirer, engage avec eux une lutte à mort ; il les tue l'un après l'autre. ”
“ Dans la nuit du 30 juin au Ier juillet, le bombardement éclate, annonçant un prochain coup de main sur le fort de la Pompelle. Au premier coup de canon, l'armurier Vigroux, de la Ire compagnie de mitrailleuses, est à son arme, mais un obus de 105, tombant sur la barbette, lui coupe un pied et le blesse à l'autre jambe ; la mitrailleuse a été endommagée et se trouve enrayée. Vigroux se fait apporter ses caisses et tranquillement, malgré la douleur qu'il éprouve, il indique à ses camarades les pièces nécessaires à la réparation de l'arme. ”
“ Le lieutenant Guespereau assurait la garde d'avant-postes au contact de l'ennemi ; il voit tous ses abris détruits par un violent bombardement de 48 heures, tandis que l'inondation de l'Aisne rend sa situation plus difficile encore. Grâce à son sang-froid, il parvient à continuer sa mission. L'héroïsme d'un sous-officier et d'un brigadier trompette mérite d'être fixé en ces pages. Le maréchal des logis Bellinger, travaillant dans un abri sur lequel se succèdent les obus ennemis, s'aperçoit que l'un d'eux a mis le feu à une maison voisine qui sert de magasin à munitions ”
“ Dans la nuit du 3 au 4, le régiment apprend qu'une attaque allemande doit avoir lieu au petit jour. L'attaque se produit en effet, précédée d'un bombardement très violent. Le tir de l'artillerie est surtout formidable sur le bois de Sénécat ; il est si brusque que de nombreux hommes du Ier bataillon sont tués sans avoir eu le temps de reconnaître le danger ; pendant quelques jours, en entrant dans ce bois, on put voir des cuirassiers morts tenant encore à la main les cartes avec lesquelles ils jouaient sur une toile de tente, avant que l'obus les vînt frapper ”
“ Les Allemands sont reçus par un tir de barrage foudroyant et par un feu nourri de notre ligne de tirailleurs. Nos cuirassiers restent fermes sous le choc. L'un d'eux, le cavalier Stier, de la 11e compagnie, tireur de fusil mitrailleur, ayant eu son arme hors de service, sort de son trou, parcourt, insouciant des obus et des balles, plusieurs centaines de mètres en terrain découvert pour aller demander le fusil mitrailleur d'une section de réserve, et revient ensuite à son poste. ”
“ Le 2 juillet, les tranchées du 5e escadron, à l'est du secteur d'Alger, sont secouées par un bombardement qui dure une heure un quart ; le capitaine de Troussures, avec le beau sang-froid qui lui est habituel, maintient ses hommes sous les obus, et quand l'ennemi s'avance ensuite vers nos lignes, notre feu l'empêche d'approcher. Le 20 juillet, le lieutenant Berthelot pénètre dans la tranchée allemande avec 5 sous-officiers, 6 brigadiers et 30 hommes. Le détachement la parcourt sur une longueur de 140 mètres et la trouve vide; il rentre ensuite au complet. ”
“ Un quart d'heure avant l'attaque, l'artillerie de campagne exécute un tir d'aveuglement sur les premières tranchées, allemandes. A 14 heures, les Ier et 2e bataillons (Pagès et Magdelain) s'élancent à l'assaut. Il leur faut d'abord traverser un glacis large de 400 mètres que l'ennemi bat de son feu sur une étendue de 2 kilomètres. Comme il n'existe en face qu'une seule brèche, le mouvement se fait compagnie par compagnie. C'est la 3e (lieutenant Pilot) qui part en tête. Elle est immédiatement prise à partie par des mitrailleuses et par un tir de barrage violent. ”
“ Le 20 octobre, à l'aube, le 12e cuirassiers se reporte en avant et retarde par ses feux pendant toute la journée les progrès de l'infanterie allemande. L'ennemi s'empare de Poëlkappelle. Le régiment reçoit l'ordre de venir cantonner à Langemarck que défend un bataillon de territoriaux. Dans la nuit du 20 au 21, l'ennemi tente une attaque sur Langemarck; l'escadron St-Maurice renforce le bataillon qui tient les tranchées. Des territoriaux privés de leurs chefs refluent ; le capitaine Loche en prend le commandement et, par son calme, rétablit l'ordre. ”
“ A notre préparation d'artillerie, l'ennemi répond par un violent tir de barrage sur nos fils de fer ; le détachement se trouve ainsi pris entre deux feux ; se portant en avant, il est reçu à coups de fusil et de grenade. Les hommes gardent leur sang-froid et le lieutenant Berthelot réussit à les ramener tous. Le 7 septembre, l'ennemi échoue dans une tentative de coup de main sur le quartier de la Pompelle. Le maréchal des logis d'Aillières reçoit une blessure grave. ”
“ Au cantonnement, l'instruction des hommes est continuée de la façon la plus active. On leur enseigne les nouvelles méthodes de combat de l'infanterie ; on les exerce fréquemment au tir. Une section de mitrailleuses est formée au régiment. En même temps, l'instruction des cavaliers à cheval est complétée ; on y ajoute le dressage d'un grand nombre de chevaux nouveaux provenant pour la plupart d'Amérique. ”
“ Les maréchaux des logis Libert et Frossard se distinguent particulièrement par leur action personnelle. Le sous-lieutenant Burot de l'Isle ramène sa troupe au complet. Le mois suivant, deux opérations ennemies sont tentées sans succès sur nos lignes, mais un bombardement par obus à gaz du quartier de la Pompelle nous cause des pertes sérieuses. Le 5 décembre, le sous-lieutenant Delpeyroux réussit, malgré de grandes difficultés, un coup de main qui témoigne de sa bravoure et de son esprit de décision. ”
“ Le 3 avril, la situation du régiment est la suivante : au Nord, le Ier bataillon est placé en réserve dans le bois de Sénécat où il a relevé la veille un bataillon du 3ZIe d'infanterie ; au Sud, le 2e bataillon organise la défense rapprochée de Merville ainsi qu'une ligne de couverture de l'artillerie, sur le plateau de la ferme Sébastopol ; en face de lui, une progression de l'ennemi a été signalée sur la croupe au sud de Morisel ; le 3e bataillon est en réserve dans le ravin ouest de Rouvrel où est le poste de commandement du colonel de Gissac. ”
“ Les opérations de guerre du 12e cuirassiers autour d'Ar- 1 mentières et d'Ypres, en octobre et en novembre 1914, sont les dernières qu'il exécuta à cheval. Pour éclairer l'armée, il fournit des reconnaissances et des détachements de découverte ; il s'opposa à la marche de l'ennemi par d'incessants combats à pied. Sentinelles avancées des troupes françaises qui arrivaient peu à peu dans ces régions, nos cavaliers eurent à accomplir une besogne difficile et périlleuse. Les Allemands qui n'avaient pu atteindre Paris, tentaient de réparer leur défaite en s'emparant de Dunkerque et de Calais ”
“ Une nouvelle vie commence pour lui, faite de longs séjours dans des villages où les hommes et les chevaux trouvent un abri véritable. L'instruction est poussée avec vigueur. A intervalles réguliers, le régiment fournit un détachement aux tranchées. Ce détachement est conduit près des lignes en autobus ; de là, il gagne les tranchées où il passe quelques jours parmi des unités d'infanterie. Le Ier janvier 1915, le 12e cuirassiers cantonne à Houtkerque, au nord de Saint-Omer. Il reste dans cette région jusqu'au commencement de février, sans prendre part à aucune opération. ”
“ L'ennemi charge deux fois en colonnes par quatre. La compagnie vient se reformer elle aussi à l'ouest du bois, puis elle tente de nouveau à deux reprises d'atteindre la seconde allée ; le capitaine Colin-St-Michel est blessé à mort ; le lieutenant Chevalier blessé une première fois refuse d'être évacué ; quelques instants après un éclat d'obus lui enlève la mâchoire; l'adjudant Herrburger est tué; plusieurs sousofficiers et de nombreux hommes tombent à leur tour ; la compagnie reçoit l'ordre de se replier dans un ravin qui longe le bois. ”
“ A 13 heures, on signale de la cavalerie ennemie à moins d'un kilomètre à l'est de cette localité, au Touquet. Les pelotons Lacroix et Feller vont l'y surprendre ; ils tombent sur deux escadrons allemands, ouvrent le feu sur eux, et les dispersent en capturant des cavaliers et des chevaux. Le brigadier Bouteloup est mortellement blessé dans le combat. Le lendemain 5 octobre, la situation du 12e cuirassiers est la suivante : Le régiment est dispersé le long de la Lys pour en garder les ponts sur un cours de 8 kilomètres à par-tir d'Armentières ”
“ Le maréchal des logis Robert et le cavalier Alloyeau blessent chacun un Allemand qu'ils ramènent prisonnier ; l'aspirant Eberschweiller tue de sa main un « feldwebel » ; 2 abris sont incendiés, d'autres bombardés, le détachement regagne ses lignes sans aucune perte ; quelques hommes seulement ont été blessés sans gravité par des éclats de grenade. , Signalons enfin le dernier coup de main exécuté par le régiment dans ce secteur. D'un des observatoires du fort de la Pompelle, on pouvait voir ce qui se passait dans une petite partie de la tranchée de Tarnowo ”
“ La brigade de cuirassiers reçoit alors l'ordre de se retirer par les bois, dans la direction de Saint-Mihiel où elle cantonnera au quartier du 12e chasseurs. Pendant ce temps, le capitaine de Malmusse qui, avec quelques cavaliers, assurait la liaison de la brigade de cuirassiers avec la division, tombe sur des fantassins ennemis là où il croyait retrouver la brigade. Le maréchal des logis Renard est tué. Le capitaine et ses hommes abandonnent leurs chevaux et leurs cuirasses ; ils se cachent dans les buissons ”
“ Le lieutenant Harmel est nommé capitaine à titre temporaire au 121e bataillon de chasseurs et le lieutenant de Goutel au 102e d'infanterie ; le sous-lieutenant Thérieux passe également au 102e. Quelques semaines plus tôt, le régiment avait appris que le sous-lieutenant Béjot, ancien officier du régiment, avait trouvé une mort glorieuse, le 25 septembre, en Artois, en entraînant ses hommes à l'attaque des lignes allemandes. ”
“ « Le Général, Commandant en Chef la Ire Armée, cite à l'Ordre de l'Armée : « Le 12e Régiment de Cuirassiers à pied : « Régiment d'un moral très élevé et d'une superbe tenue « au feu. Sous le commandement de son chef, le Colonel « de Gissac, a contribué, le 4 Avril 1918, par sa ténacité « à arrêter une attaque ennemie qui, par sa réussite, aurait « eu les plus graves conséquences, et a, le lendemain, par « - une contre-attaque menée avec le plus vigoureux élan « regagné du terrain, fait des prisonniers et capturé des « mitrailleuses. » ”
“ Les Allemands tuent plusieurs des nôtres et, parmi ceux-ci, le maréchal des logis Guilleux qui s'était distingué à l'attaque de Pressoire. Le lieutenant Forzy, blessé à la joue par un éclat d'obus, puis brûlé par un jet de liquide enflammé, demeure au milieu de ses hommes et combat avec eux jusqu'à ce que l'ennemi soit repoussé. Un pionnier" allemand mort reste sur le terrain. ”
“ Le 5 octobre, il retourne une dernière fois au ruisseau de la Noblette où il bivouaque pendant trois jours. Enfin, on le renvoie dans des cantonnements de l'arrière. La guerre à cheval était définitivement terminée pour - lui ; il devait jouer un rôle glorieux dans la libération du territoire, mais il n'était pas destiné à repousser l'ennemi à coups de sabre. Après avoir fait un crochet vers le Sud-Ouest, au delà du camp de Mailly, le régiment remonte vers le Nord, par les marais de Saint-Gond. ”
“ Le régiment détache 6 pelotons à l'artillerie et il organise défensivement la station et le village de Langemarck. Le soir, il cantonne à Kortekeer sous la garde des escadrons Ste-Marie et d'Humières qui sont aux avant-postes. Le 22, il prend part, avec toute la division, à l'attaque de Bixchoote. Nos troupes s'étant momentanément repliées sousle feu violent de l'ennemi, le capitaine d'Humières maintient le 4e escadron dans ses tranchées ; cette énergique résistance permet à nos chasseurs cyclistes et à un régiment écossais de reprendre heureusement l'offensive. ”
“ Les pertes du régiment furent plus sévères que dans l'Est et la fatigue plus .grande encore. Le 12e cuirassiers débarque, le 4 au matin, à Armentières. La Lys qui vient de l'Ouest, change de direction dans cette ville et prend celle du Nord pour arroser Houplines, Frélinghien, Deulemont où elle reçoit la Deule, et Warneton ; puis, elle tourne vers le Nord-Est, vers Comines, Menin, Courtrai et Gand. Après leur débarquement, les trois premiers escadrons du régiment se portent à Houplines. Dès midi, le Ier (capitaine de St-Maurice) envoie tenir les ponts de la Lys et de la Deule à Deulemont. ”
“ Serré de près par l'ennemi, le peloton est dégagé par celui du sous-lieutenant Lacroix. Le régiment, défendant le terrain pied à pied contre des forces importantes qui attaquent le plateau de Gitzberg, se replie sur Hoogled dont il tient les lisières est, puis il est ramené tout entier au nord de Steyhaeghe et finalement se retire sur Stadenberg et Poëlkappelle où il bivouaque au milieu de troupes belges et anglaises. ”
“ On en forme un régiment à 4 escadrons non montés encore, du type régiment de cavalerie. Le reste des hommes est réparti en 5 escadrons qui sont affectés aux organes de remonte de la VIe Armée et dirigés sur la région de Lille. Le 12e cuirassiers ainsi transformé ne reste plus que quelques jours en Allemagne. Il embarque à. Oppenheim et retourne en France. Le 18 février 1919,11 rentrait à Rambouillet précédé par le lieutenant-colonel.Meyer, son chef, et par le lieutenant-colonel de Boisfleury, qui devait en prendre bientôt le commandement ”
“ Beaucoup de chevaux morts sont restés sur la route. Le 15 septembre, le régiment combat à pied vers Etain. Le 16, il tient la ligne Loison-Etain sans pouvoir avancer. L'aspirant Chavane, à la tête d'une patrouille, a un engagement avec une patrouille de cavalerie allemande. Il tue un uhlan. Dans l'après-midi, le régiment reçoit l'ordre de fouiller la forêt de Spincourt et les bois voisins où l'ennemi s'infiltre. Puis, il reprend de nouveau la direction de Verdun. Il repasse aux Eparges, à Mesnil- sous-les-Côtes. ”
Termes fréquents
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