Résumé

J. Fleury Revue des Deux Mondes

C’était risquer peut-être la même aventure que celle qui coûta la vie à Pilâtre des Rosiers. Les amis de Giffard s’en inquiétaient. Mais il était de ceux dont le cœur est cuirassé de chêne et de triple airain. Il se contenta d’enfermer le foyer dans une enveloppe spéciale et de faire déboucher la cheminée au-dessous de la nacelle. Le tirage s’y produisait, comme sur les locomotives, au moyen de la vapeur, qui, sa besogne faite, s’échappe du cylindre. L’ascension eut le succès qu’en attendait l’intrépide inventeur.
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J. Fleury Revue des Deux Mondes

Cette hélice horizontale, lancée par un ressort brusquement détendu, s’élevait verticalement, planait quelques instans en arrivant à l’extrémité de sa course, et retombait lentement suivant une direction oblique, en glissant en quelque sorte sur l’air. Et là-dessus, Nadar de s’enthousiasmer : « Le ballon, s’écriait-il, est un obstacle à la navigation aérienne ; c’est tout au plus une bouée, un radeau... Pour lutter contre l’air, il faut être spécifiquement plus lourd que l’air. L’héhce mue par la vapeur, tel est l’organe mécanique qui nous promet une conquête vainement poursuivie jusqu’ici. »
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J. Fleury Revue des Deux Mondes

Mais, fragile esquif de l’air, l’oiseau n’agite pas continuellement ses ailes. Il ne rame pas toujours. Quelquefois, légèrement incliné sur l’horizon, il présente au vent l’étalage de ses pennes étendues, comme ferait le nautonier de sa voile : souvent aussi, les ailes éployées, sans mouvement apparent, il s’appuie sur l’air, et comme porté par le souffle d’Éole, il glisse sur la masse fluide en défiant l’attraction de la pesanteur
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