Jules Gautier

Résumé

Jules Gautier Société et misère (1893)

L'influence de toute société est immense sur l'individu qui naît dans son sein; puisqu'il suce avec le lait ses principes, ses usages, et même ses préjugés. Cette transmission des connaissances et des progrès acquis est le lien de solidarité de toutes les générations entre elles, et ce qui prouve l'unité de l'Espèce dans le temps. Les institutions d'un pays, sa position géographique, sa situation industrielle, son histoire, sont autant de causes qui servent à déterminer ou à modifier le caractère d'un peuple.
Source : Gallica

Jules Gautier Société et misère (1893)

Je vais à la ruine, à la misère, après avoir toujours travaillé !
Que fais-tu, ouvrier du faubourg ?
— Ce que je fais? Le ciel est encore tout noir quand, à la hâte, je revêts de pauvres vêtements, mon corps brisé par la fatigue. Avec ma femme, je descends vers la grande ville, confondu dans le troupeau des tôt-levés aux bras ballants, à la démarche lourde, qui courent s'engouffrer dans l'atelier où stride le sifflet de la machine bien graissée, bien soignée, bien nourrie de houille grasse.
Source : Gallica

Jules Gautier Société et misère (1893)

Il est difficile de faire entendre aux hommes corrompus de la phase sociale actuelle, que la liberté d'amour, que la liberté du choix est la première condition de la dignité de la femme et du bonheur de l'homme. L'imagination de ces êtres profondément gangrenés de moralisme et d'hypocrisie, ne veut pas admettre la compatibilité de la liberté amoureuse et de la pudeur, charme suprême du sexe féminin et qui décuple le prix des conquêtes d'amour.
Source : Gallica

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