Résumé

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet L'insecte (Nouvelle édition illustrée de 140 vignettes sur bois… (1884)

Si le guêpier tenait de Sparte, la ruche est, dans le monde insecte, la véritable Athènes.
Ici, tout est art. Le peuple, l'élite artiste du peuple, crée incessamment deux choses : d'une part, la cité, la patrie ; de l'autre, la mère universelle qui doit non seulement perpétuer le peuple, mais de plus être son idole, son fétiche, le dieu vivant de la cité.
Ce qui est commun aux abeilles avec les guêpes, les fourmis, tous les insectes sociables, c'est la vie désintéressée des tantes et sœurs, vierges laborieuses qui se dévouent tout entières à une maternité d'adoption.
Source : Gallica

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet L'insecte (Nouvelle édition illustrée de 140 vignettes sur bois… (1884)

Sa société, c'est la famille; sa cité, le nid; ses associations ne sont guère que des rapprochements de nids dans une vue de sécurité. Les mammifères si près de nous, si touchants pour nous, en leur société la plus avancée, celle des castors, combinent le travail à merveille ; mais, hors du travail, ils vivent par maisons et par familles, isolés par la tendresse même de leurs affections domestiques. Ces réunions des castors sont des villages de constructeurs, d'ingénieurs, où chacun vit à part chez soi; mais ils ne sont pas citoyens, et ce n'est pas une cité.
La cité n'est que chez l'insecte.
Source : Gallica

Portrait de Jules Michelet Jules Michelet L'insecte (Nouvelle édition illustrée de 140 vignettes sur bois… (1884)

Mais combien la condition de l'insecte est moins favorable ! Le fœtus est en contact fort médiat avec le monde par le doux milieu maternel. L'insecte embryon sans mère ne nage pas, comme l'autre, dans la mer de lait. Il est dans la rude matrice de la vie universelle ; il y chemine à grand péril, sur l'âpre terre, de choc en choc.
Les modernes l'ont reconnu, l'insecte est un embryon.
Mais cela seul semble devoir le condamner à la mort. Quelle rude contradiction! Un embryon lancé en pleine guerre, qui sera la proie de tous, des oiseaux, des insectes mêmes!
Source : Gallica

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