Jules Rostaing

Résumé

Jules Rostaing,  Petit bonhomme vit encore (1852)

“ Depuis que Petit-bonhomme avait quitté la maison du capitaine Brise-fer, Turlututu, qui s'était fait le camarade inséparable de l'enfant, se trouvait un peu, ainsi qu'on dit, comme un corps sans àme. Tantôt, afin de tromper son ennui, il s'amusait à dresser, à l'instar d'un jeune cheval, un gros dogue qu'il destinait à servir de coursier à Petit-bonhomme. Tantôt, il errait au milieu des champs, les bras balants et le nez en l'air, quand le temps était beau; les mains dans les poches et le chapeau rabattu sur les yeux, lorsque le vent soufflait le froid ou la pluie. ”
Source : Gallica

Jules Rostaing,  Petit bonhomme vit encore (1852)

“ « La honte que j'éprouvai acheva de me guérir de mes sottes frayeurs. Aussi je ne tardai pas à m'endormir. Je ne fus éveillé que par l'arrivée de l'homme qui m'apportait mon déjeuner. Le soleil alors avait chassé la lune de la lucarne.
» — Oh, oh ! dit mon geôlier en retrouvant le pain qu'il m'avait laissé la veille, vous n'avez donc pas dîné hier ?
» - Non, répondis-je d'un ton fâché; je n'aime pas le pain sec.
» — Bah, bah ! vous serez bien aise de le trouver ce matin. L'appétit vous fera paraître excellente la
cuisine que vous envoie, avec ses compliments, le docteur Rabat-joie.
”
Source : Gallica

Jules Rostaing,  Petit bonhomme vit encore (1852)

“ Le garde, plus clairvoyant que les autres, ajouta d'une voix élevée : « Je crois que nous ferions bien de nous assurer si ce bel arlequin ne serait pas le fils du capitaine Brise-fer. Regardez : cette marionnette, qui éternue, a bien la taille du petit coquin que le seigneur de la
Gloutonnière nous a ordonné de lui amener mort ou vif. N'oubliez pas qu'il y a trois écus d'or à gagner et que vous serez durement châtiés, si vous n'exécutez pas les ordres de votre maître. »
Les paysans s'élancèrent en tumulte vers la scène.
Petit-bonhomme se jugea perdu.
”
Source : Gallica

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