Résumé

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Sacs et parchemins, 1851

Gaspard n’était pas beau, mais ses armoiries étaient belles. Laure n’aimait pas Gaspard, mais c’était là le dernier des soucis de Laure. Il n’était jamais entré dans son esprit qu’elle dût aimer son mari. Ce qui la chagrinait, c’est que Gaspard n’était que vicomte ; elle eût voulut tout au moins un marquis. Le titre de vicomtesse n’était pourtant pas à dédaigner, quand on s’appelait mademoiselle Levrault, et qu’on se souvenait d’avoir vu son père auner du drap rue des Bourdonnais. Un jour, en se promenant à cheval, elle s’était arrêtée devant le pigeonnier de Montflanquin.
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Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Sacs et parchemins, 1851

Seulement la marquise consentirait-elle à briser violemment ses habitudes sédentaires ? Se résignerait-elle à ne plus habiter le gothique manoir ? Renoncerait-elle à la tranquillité des champs, à la simplicité de ses goûts, à la modestie de ses désirs, à toutes les douces joies qu’appréciait si bien son âme rêveuse et tendre ? M. Levrault n’osait l’espérer.
— Le monde n’a plus rien qui m’attire, lui disait-elle avec mélancolie. Achever de vieillir en paix au fond de ma vallée solitaire, voilà toute mon ambition. Mes rêves ne vont pas au-delà des horizons qui bornent ces campagnes.
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Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Sacs et parchemins, 1851

Le peuple triomphe, la monarchie est à bas, l’infâme bourgeoisie est morte. Moi et mes hommes, nous allons à la chambre proclamer la république.
— La république ! balbutia M. Levrault d’une voix étouffée.
— Oui, mon cher, la république ! Vous l’aurez dans une heure.
Et le prenant à part, comme s’il eût craint que sa voix ne fût entendue par sa troupe :
— Vous voilà dans de beaux draps, mon bon ami, continua-t-il ; je ne voudrais pas être dans votre peau. Vous n’avez pas voulu d’un notaire pour gendre ; il vous fallait un marquis.
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