Résumé

Karol Edmond Chojecki La Pologne captive et ses trois poètes

Vieux bardes ! Vous n'avez su deviner ni le mobile de mes actions ni en quoi j'étais supérieur aux Hérodes romains. Au-dessus de moi planait une idée sublime, éclatante ; une infinité de marches sanglantes me conduisaient directement au seuil du temple où s'atteint tout grand but. J'y marchais, comme un guerrier sans peur, à travers des monceaux de cadavres.
XXXIX.
La vie vibrait dans chaque corde de mon âme, on sentait la force dans chacun de mes faits. Mieux eût valu pour moi être dans un tombeau que sur une pareille voie ; mieux la lame au poing qu'avec une telle pensée dans la tête.
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Karol Edmond Chojecki La Pologne captive et ses trois poètes

Il semblerait que les oiseaux du matin ne veuillent pas cesser de chanter, et leur chant est triste comme le cri d'un enfant ; le ciel s'obscurcit comme saisi de cette espèce d'horreur qui précède l'aube ; les étoiles brillent d'une lueur plus forte ; les hommes s'échauffent leurs mains à la flamme des villes incendiées ; épouvantés par le silence du moment, ils semblent tout prêts à renier l'esprit divin, et cependant ils jettent autour d'eux un regard inquiet pour voir si Dieu ne les entend pas.
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Karol Edmond Chojecki La Pologne captive et ses trois poètes

Quant à moi je ne suis que le glaive de Dieu et je vais expier ma mission. L'abîme s'ouvrira devant moi, la foudre déchirera ma large poitrine. Comme une meute de chiens détachés de leur laisse, toutes les fureurs, tous les désirs s'allumeront en moi avec l'ardeur d'un soleil ; ma figure projettera dans les airs une ombre monstrueuse ; l'amour de l'humanité purifiée dans le sang et l'ange du malheur planeront sur ma tombe.
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