“ Depuis trente ans, l’obligé et l’ami de ce grand homme, il lui devait sa fortune et sa place de directeur de la Compagnie. Toutes les lâchetés de l’envie et de l’impuissance excitèrent ce misérable et le conduisirent à Pondichéry. L’attitude morne de la population, le silence hostile des troupes appelées à reconnaître ses pouvoirs, l’accueillirent au débarquement. Dénué de renseignements, sans crédit, sans relations, inconnu dans l’Inde et déjà méprisé dans la colonie, un mot eût suffi pour mettre à néant la mission et l’homme. ”
Leconte de Lisle
Résumé
"Le Présent", de Leconte de Lisle, aborde les enjeux politiques et militaires de la présence française en Inde au XVIIIe siècle, à travers les parcours de figures telles que Dupleix et Lally. Ce texte, ancré dans les conflits coloniaux et les rivalités avec l’Angleterre, met en évidence les tensions entre l’ambition impériale et les faiblesses humaines.
Les thèmes de la flotte et du comptoir illustrent la lutte pour le contrôle territorial et économique. L’œuvre souligne l’importance de Dupleix, dont l’absence, selon le texte, marque le déclin de la puissance française dans la région, illustrant ainsi la fragilité des projets coloniaux.
Citations de Le Présent (Leconte de Lisle)
“ « C’est parce que nous n’avons dans l’Inde ni escadre ni soldats, lui écrivait le contrôleur général Orry, que je souhaite ardemment que vous y restiez. Il n’appartient qu’à vous d’y tenir la première place, si nous perdions M. Dupleix. » Ce nom était d’un augure malheureux pour La Bourdonnais. Il resta. Ses espérances de gloire, l’ambition la plus honorable, sa confiance en lui même, sa bravoure, son mérite incontesté, tout le retint, afin que sa fortune heurtât une destinée supérieure et fût brisée. ”
“ Le chevalier de Soupire, à la tête de onze cents hommes, avait précédé de quelques mois l’escadre commandée par le comte d’Aché, qui mouilla devant Pondichéry le 28 avril 1758. Lally venait dans l’Inde animé du plus profond mépris pour tous ceux qui en dirigeaient les affaires. Parfaitement ignorant de tout ce dont il eût été indispensable qu’il fût instruit, il s’imaginait volontiers que nos guerres orientales n’étaient qu’une suite de pillages irréguliers. Les millions de Dupleix et la grande fortune de Bussy lui paraissaient, à cet égard, des preuves sans réplique de sa perspicacité. ”
