Louis-Balthazar Néel, Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques
“ Si c’est véritablement un crime, il flatte plus que toutes les vertus de ma connoissance. Mais aussi est-ce bien là ce qu’on appelle amour, que ce que je sens actuellement ? Depuis que j’ai embrassé ma chère Henriette, je ne me possède plus, mon esprit semble être sorti de sa sphère ordinaire, le cœur me bat continuellement ; je souhaiterois l’embrasser toujours ; elle ne me sort point de devant les yeux : tantôt je lui parle, & elle me répond ; tantôt je parle seul. Je ne songe plus ni à mon battoir, ni à mon ballon ; je ne pense uniquement qu’à elle. Est-ce rêver ? Est-ce aimer tout de bon ? ”
