“ Si vous désirez prier, dépêchez-vous, vous n’avez plus que cinq minutes à vivre. — Oui, oui, brûlez-lui la cervelle, s’écria M. Smith, qui prit sur le moment cette comédie, tant sa colère était grande, pour une réalité ; brûlez-lui la cervelle... elle l’a bien mérité... Ducket, je ne puis me rappeler aujourd’hui ce souvenir sans en rire, Ducket, dis-je, se croyant déjà morte, tomba à mes genoux en me demandant grâce. — Non, point de grâce ! dit mon hôte. Tirez... tirez. Je levai le bras, et la misérable, croyant que c’en était fait d’elle, poussa un cri sourd et perdit connaissance. ”
Louis Garneray
Résumé
“Mes pontons”, est une œuvre de Louis Garneray. Des thèmes tels que ponton, Bertaud ou Anglais y sont abordés.
Citations de Mes pontons (Louis Garneray)
“ Je ne puis dire l’émotion profonde que j’éprouvai lorsque, après avoir hissé les barriques pleines d’eau, nous les remontâmes sur le pont pour les rembarquer de nouveau à bord du petit bâtiment anglais. C’était en vain que, dans la crainte peu fondée d’ailleurs d’éveiller les soupçons, car qui eût pu se douter d’un pareil stratagème, j’essayai de prendre une contenance indifférente ; malgré mes efforts, mon regard se reportait sans cesse, sans pouvoir s’en détacher, vers une barrique placée près de moi et marquée d’une entaille, celle où se tenait blotti le capitaine. ”
“ Voilà qui est étrange ! disions-nous. Pourquoi choisir un jour de froid et de neige comme celui d’aujourd’hui pour approprier l’extérieur du ponton ? Hélas ! notre illusion fut de bien courte durée. À peine la chaloupe, aidée des deux canots, se fut-elle éloignée de quelques brasses de la Couronne que le capitaine R..., orientant lui-même la pompe contre nous, ordonna à ses hommes de la mettre en mouvement. Aussitôt une trombe d’eau s’engouffrant à travers les sabords de la batterie et les hublots du faux pont s’abattit sur nous et nous enveloppa de son étreinte glacée. ”
