Marie Maréchal

Résumé

Marie Maréchal La maison modèle (1878)

Au moment où Meltzy, irritée et tragique à l'égal de Rachel dans le rôle de Camille ou celui
d'Hermione, achevait ses imprécations contre le Moustier, qui ne s'en portait pas plus mal, la porte s'ouvrit et laissa passage à l'excellent M. Dix-Neuf et à son visage bénin.
— Qu'y a-t-il donc ici ? demanda-t-il le sourire sur les lèvres. On se querelle, on se dispute, on se bat peut-être. Mais, non, vous êtes seule, ma chère enfant, et à moins de vous battre contre les moulins, à l'exemple de don Quichotte ; je ne vois pas trop à qui vous pourriez en vouloir?
Source : Gallica

Marie Maréchal La maison modèle (1878)

« Et bien, répliquait Pélagie, restée silencieuse jusqu'alors, vous avez beau dire, cette enfant-là sera quelque chose de bon un jour. Elle réfléchit, s'étonne de ce qu'elle voit, et finira par l'imiter.
Depuis sa maladie elle est devenue bien plus polie avec moi, presque affectueuse, et il y a des
jours ou son sourire me rappelle celui de la petite Évangéline.
— Oh! par exemple ! s'écria-t-on en chœur. »
Éyangéline était la favorite de toute la maison, et la comparer à Meltzy, même par le sourire seulement, semblait une insulte à ses admirateurs.
Source : Gallica

Marie Maréchal La maison modèle (1878)

J'enragerais sur mon lit, et j'y deviendrais encore bien plus méchante.
— Tu vois alors que le bon Dieu a bien fait, dit Évangéline en riant. Si Mlles Coquille étaient là, elles te répondraient par leur proverbe favori : A brebis tondue, Dieu mesure le vent.
— Je suis un loup plutôt qu'une brebis, et toi tu es un petit agneau, cher petit agneau du bon Dieu, comme tes frères t'appellent avec raison, dit Meltzy dont l'œil devenait sombre. J'ai beau faire, je suis bien méchante, plus méchante de jour en jour.
Source : Gallica

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