Marie Perrens

Résumé

Marie Perrens Revue des Deux Mondes

A la maison régnait une fièvre silencieuse : on entendait la plume de bon papa grincer sur son papier. Pour ma part, j’avais compris que la sagesse était le seul parti à prendre, vu les circonstances spéciales. Mes mamans s’agitaient : « Il devrait être là, » disait bonne maman, dont la fanchon s’était légèrement déplacée.
Tout à coup, la petite porte brune au bout de l’allée fut brusquement poussée, et M. Dabout surgit, courant, son chapeau à la main, les basques de sa jaquette sautant derrière lui.
« Le voilà, il court, cria maman, c’est que papa est élu ! »
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Marie Perrens Revue des Deux Mondes

N’allez pas vous imaginer quelque perron à double escalier, gracieux comme un bras arrondi, ou quelque rampe de fer forgé, harmonieusement enroulée en rinceaux. Point du tout ; c’était un bête de perron, un petit palier carré d’où descendaient, sur le côté, bien droites, sept marches de pierre, avec une rampe de fer aux barreaux unis, sans prétention, et qu’on repeignait de temps en temps. Mais tout cela disparaissait sous un fouillis merveilleux de jasmins et de rosiers qui m’ont donné pour toujours le goût des odeurs fortes
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Marie Perrens Revue des Deux Mondes

Un jour, que je situerai vers ma cinquième année, des amis que bon papa avait obligés (il ne fit que cela toute sa vie) , voulant me faire un joli cadeau, m’envoyèrent une coiffeuse de poupée. J’adorais les cadeaux, les paquets à défaire, la nouveauté introduite dans la maison dormant sur elle-même ; je défis, au milieu de tous mes parents réunis, ficelles, papiers bruns, papiers de soie, faisant durer le plaisir en enfant qui sait déjà qu’il ne faut rien gaspiller et tirer de la moindre chose le plus de parti possible.
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