Marius Michel

Résumé

Marius Michel La Reliure française

Heureux de suivre dans ses développements un art dont l’étude l’intéresse et l’attache davantage chaque jour, il seconde au contraire les artistes de son temps, partage avec eux la gloire de conserver les grandes traditions, et trop artiste lui-même pour s’imposer comme un guide, il sait être précieux collaborateur plein de science et de goût. Tels étaient les grands bibliophiles du seizième siècle ; la plupart de ceux du dix-huitième siècle ne leur ressemblaient guère. Aussi c’est par le côté de l’ornementation extérieure, qui fait toucher la Reliure à l’art, que la décadence est complète.
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Marius Michel La Reliure française

L’amateur faisant autorité, il fallait le satisfaire, et le relieur de coller papier sur papier, de tendre outre mesure les ficelles qui maintiennent les cartons. « Plus dur encore ! — Mais ne craignez-vous pas que le volume ne s’ouvre plus ? — Allez toujours ! » L’amateur, enfin satisfait, emporte en triomphateur la reliure qu’il a rêvée [2] .
Voyez-le montrer à un visiteur un livre de sa bibliothèque ; il le saisit de la main droite, puis de la gauche presse fortement, plus fortement encore l’extrémité du dos : la coiffe résiste, un sourire de satisfaction illumine son visage.
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Marius Michel La Reliure française

M. Trautz semble aujourd’hui à la plupart d’entre nous, par l’irrégularité de sa dorure, un artisan d’un autre âge, égaré au dix-neuvième siècle ; mais s’il a les défauts des anciens, il en a aussi bien souvent les charmes [1] .
D’autres relieurs, non sans talent, au lieu de remonter aux sources mêmes, ont copié, contrefait sa reliure, exagérant les légers défauts dont personne n’est exempt, sans parvenir à s’assimiler ses grandes qualités.
Lorsqu’on étudie un objet d’art quel qu’il soit, ancien ou moderne, c’est pour s’en inspirer ; il faut bien se garder de le copier servilement
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