Résumé

Marius Michel L’Ornementation des reliures modernes

Il est si facile de donner à une reliure médiocre l’aspect d’une bonne reliure. Pouvez-vous voir cela, le livre fait ? Ce volume que vous tenez entre les mains et qui vous semble si lourd, si compact, — il peut avoir été laminé, — il ne remue pas du tout dans ses cartons — il est grecqué à outrance, le dos est dur comme un roc — il a été frotté à l’excès, le papier réduit en carton et les fonds sont hachés, détruits !
Rien n’est plus difficile que d’apprécier une reliure ; les praticiens eux-mêmes ne peuvent pas toujours se prononcer sur certaines tromperies d’une manière affirmative.
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Marius Michel L’Ornementation des reliures modernes

L’amateur connaisseur est, à notre avis, l’homme du monde qui, possédant une certaine éducation artistique, porte sur la reliure qu’on lui présente un jugement raisonné, l’apprécie au point de vue décoratif, et non celui qui, vivant du Manuel du libraire, connaît surtout du livre sa rareté, sa valeur marchande et, pour juger de la reliure, pince les coiffes, ébranle les cartons, ébauchant une moue particulière qui peut se terminer par un sourire ou une grimace, quand il aura vu la signature.
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Marius Michel L’Ornementation des reliures modernes

Aussi, dans cet art charmant où nous avons beaucoup à apprendre, surtout au point de vue de la couleur, et dont la connaissance chaque jour plus approfondie rendra tant de services, ce qu’il faut surtout s’attacher à saisir, c’est l’esprit et les lois, et ne pas croire que le décor japonais est à la portée de tous, qu’il suffit de couper un fragment de tige et de le laisser tomber n’importe où, l’exécution matérielle en serait-elle très finie et fouillée, pour avoir fait preuve de goût.
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