Maurice Courant

Maurice Courant

Résumé

Portrait de Maurice Courant Maurice Courant V

Ainsi la religion populaire fait bon ménage avec le théâtre, et le bouddhisme chinois, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, s’est sensiblement écarté de la rigueur des préceptes. D’une façon générale, le théâtre a, dans l’esprit du peuple, quelque chose de religieux : les corporations font jouer la comédie à l’occasion de leur fête patronale ; les villages font vœu d’engager une troupe d’acteurs, pour remercier les dieux d’avoir chassé les sauterelles, détourné une inondation, accordé une bonne récolte ; dans une année favorable, un village aisé donne la comédie deux ou trois fois.
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Portrait de Maurice Courant Maurice Courant V

Pendant toute représentation, la comédie populaire alterne avec le drame. Fait assez bizarre, elle n’est pas plus que lui un objet d’animadversion pour les moralistes, bien qu’elle soit souvent très licencieuse et que les détails de mise en scène et de dialogue en aggravent le caractère. La musique y est plus discrète ; les costumes y sont ceux de la vie quotidienne, parfois un peu ridiculisés. Il n’y a pas de texte fixe, mais un canevas que les acteurs brodent suivant leur inspiration et en plaisantant sur les incidents du jour ou sur les gens qui sont dans la salle.
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Portrait de Maurice Courant Maurice Courant V

Un « maître de troupe » dur et avide, qui a sur son esclave droit de châtiment et droit de suite, trouve mille moyens, il est vrai, de s’approprier les générosités des spectateurs ; mais les choses ne vont pas à cette extrémité aussi souvent qu’on pourrait le croire, car le maître a intérêt à ménager sa poule aux œufs d’or ; et puis, quelle que soit la cupidité de gens d’une classe aussi peu recommandable, un Chinois apporte en ses vices comme en ses qualités une volonté moins tendue que ne ferait un Européen.
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