Résumé

Portrait de Pétrarque Pétrarque Lettres de Vaucluse

Que la fortune ne touche point à mes trésors poétiques et qu’elle respecte mes loisirs dépourvus de tout appareil fastueux. Je n’envie absolument rien, je ne hais personne, je ne méprise personne plus profondément que moi, quoique jusque-là j’aie méprisé tout le monde et me sois élevé au-dessus des astres. Ainsi vont les choses humaines.
J’ai maintenant mille preuves de ce que je suis, si mes illusions ne me trompent point. À quoi me sert-il en effet d’avoir étanché un peu ma soif à la fontaine des Muses, si une autre soif plus grande me brûle et me dévore éternellement les entrailles ?
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Portrait de Pétrarque Pétrarque Lettres de Vaucluse

À quoi bon une belle figure si l’âme est troublée ? J’ai en vérité bien des raisons d’être heureux (et ma langue, je l’avoue, n’a pas la force d’en rendre à Dieu de justes actions de grâces) , si un souci cuisant et perpétuel ne me rongeait malheureusement le cœur. Je crois voir d’ici vos joues baignées de larmes de tendresse, si vous m’êtes bien connu par une longue intimité. Mais comme à la façon d’un père vous voulez connaître tout ce qui me touche, l’amitié pousse ma plume et je ne puis résister à vos ordres.
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Portrait de Pétrarque Pétrarque Lettres de Vaucluse

Nul fleuve ne coule avec plus de rapidité que le temps de la vie, toutefois les fleuves renouvelés dans leurs sources restent éternellement ; la vie, en nous quittant, où va-t-elle ? Elle va d’où elle serait revenue un jour, si le vainqueur de la mort qui jadis entré dans le Tartare en sortit triomphant, retirant par force ses membres de son sépulcre fermé, entraînant avec lui la troupe heureuse des saints et emmenant au ciel les ombres épuisées par de longs tourments, n’eût effacé la crainte dans nos cœurs et ne nous eût donné l’espoir de ressusciter après notre mort.
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