René Bazin

René Bazin

Résumé

Portrait de René Bazin René Bazin Madame Corentine

Ma mère est seule à Saint-Hélier.
—Elle te réclame?
—Non! elle m'a permis de venir; elle me laisserait encore si je le lui demandais: c'est moi qui m'en irai. Et je m'en irai triste.
—Triste... oui, je sais bien, entre ta grand'mère et moi...
—Pas cela! oh! non, ce n'est pas cela que je veux dire. Vous avez été très bons, tous deux. Je ne me plains de personne, que de moi, qui n'ai pas réussi à me faire aimer.
—Simone! que dis-tu là? Toi, pas aimée! Toi qui as été l'unique joie...
Source : Gutenberg

Portrait de René Bazin René Bazin Madame Corentine

Corentine se retourna vers la sage-femme:
—Donnez-moi l'enfant, fit-elle, c'est moi qui l'emporte!
Elle prit le petit Sullian. Un flot de mousseline blanche lui couvrit l'épaule. Une tête rose et dormante s'appuya, tout abandonnée, sur son bras. Et, fière de son fardeau, défendue contre le sourire des gens par l'innocence qu'elle portait, elle descendit le bourg, parmi les femmes que la vue d'un nouveau-né émeut, et qui disaient: «Voyez, elle a le fils de Sullian Lageat sur les bras. C'est Guen qui l'a voulu, pour lui faire honneur. C'est tout de même une mère, cette femme-là.»
Source : Gutenberg

Portrait de René Bazin René Bazin Madame Corentine

Elle lut: son visage tout blanc et flétri s'empourpra. Elle tendit le papier à Simone, sans rien dire.
C'était la dépêche du grand-père. Elle était datée du sémaphore, à l'embouchure du Guer. Elle portait ces simples mots:
«Arrivons tous.
«Capitaine Guen.»
Simone rougit aussi, de l'excès de sa joie. Et elle en fut aussitôt gênée, craignant que sa grand'mère ne prît mal ce cri involontaire de son sang. Une minute elle resta penchée sur le télégramme, n'osant lever les yeux. Puis elle regarda madame Jeanne. Et elle vit qu'elle n'aurait point d'excuse à faire, ni de demande à former.
Source : Gutenberg

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