Résumé

Portrait de Édouard Chavannes Édouard Chavannes Fables chinoises du IIIe au VIIIe siècle de notre ère

Nulle part on n’a pu me remettre de feu
Car, dans aucun village et dans aucune ville,
N’est maison où la mort n’ait trouvé quelque asile.
Le Bouddha répondit : — C’est notre commun sort.
Est-il un seul vivant qui résiste à la mort ?
Depuis toujours, depuis les premiers temps du monde,
Mère, il en est ainsi. Sur quelle erreur se fonde
Ton aveugle désir et ta prétention,
Pour ton fils ou pour toi, d’être l’exception ? —
Alors la vieille ouvrit sa pauvre intelligence
Et connut la raison de notre impermanence.
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Portrait de Édouard Chavannes Édouard Chavannes Fables chinoises du IIIe au VIIIe siècle de notre ère

Mais vous êtes un bœuf noir de fort belle essence
Et vos cornes étaient très droites de naissance. —
L’homme, cessant de le rosser,
Se mit à le brosser.
Et, pour lui témoigner une amitié sans bornes,
Il fit couler sur ses puissantes cornes
De l’huile de sésame et les orna de fleurs
De toutes les couleurs.
L’attelant à son char, mais cette fois à droite,
Il eut cette apostrophe aimable et plus adroite :
— Grand bœuf noir qui portez bonheur,
Par votre corne large et haute,
Tirez mon char sur cette côte.
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Portrait de Édouard Chavannes Édouard Chavannes Fables chinoises du IIIe au VIIIe siècle de notre ère

« En parfaite joie nous vivons, nous à qui rien n’appartient. La gaité est notre nourriture comme aux dieux rayonnants. »
« Le moine qui demeure en un endroit solitaire, dont l’âme est pleine de paix, goûte une félicité surhumaine, contemplant face à face la vérité. »
Celle allégresse de l’homme qui se croit en possession de la vérité est bien digne d’être notée, car on a souvent reproche aux disciples du Bouddha de prêcher l’indifférence.
Le Bouddhisme admet le principe de la transmigration des âmes ou des existences successives.
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