Résumé

Édouard Hervé Les Derniers Beaux Jours de l’alliance anglo-française

Le yacht royal était déjà en marche que l’empereur, debout sur le gaillard d’arrière de la Bretagne, continuait à échanger des saluts avec la reine et le prince. Combien cependant les adieux auraient été plus émouvans encore, s’il avait été donné à chacun de lire dans l’avenir ! Le yacht royal n’emportait pas seulement deux aimables et augustes visiteurs, il emportait tout un passé, toute une politique. L’alliance anglo-française venait de jeter son dernier éclat en même temps que ces feux de Bengale, dont les reflets, la veille, avaient éclairé la rade de Cherbourg.
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Édouard Hervé Les Derniers Beaux Jours de l’alliance anglo-française

Mais j’ai également arrêté dans mon esprit que, si jamais je me trouvais contraint à la guerre, je ne la terminerais pas sans avoir donné à l’Europe un équilibre plus stable. Je n’ai pas d’ambition comme le premier empereur, mais, si les autres nations s’agrandissent, il est indispensable que la France s’agrandisse aussi. Eh bien ! quand nous avons commencé la guerre contre la Russie, j’ai pensé qu’il n’y aurait pas de paix satisfaisante sans la reconstitution de la Pologne, et j’ai sondé l’Autriche pour savoir si elle m’assisterait dans cette grande œuvre.
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Édouard Hervé Les Derniers Beaux Jours de l’alliance anglo-française

Aussi, dit l’empereur, ai-je toujours pensé que le meilleur moyen de rendre de grands services au monde serait de chercher des compensations hors de l’Europe. Il y a l’Afrique, par exemple. Je ne veux pas faire de la Méditerranée un lac français, comme le souhaitait Napoléon Ier : je veux en faire un lac européen. L’Espagne aurait le Maroc, la Sardaigne une partie de Tripoli, l’Angleterre l’Égypte, l’Autriche une partie de la Syrie, et que sais-je encore ? Toutes ces magnifiques contrées sont inutiles à la civilisation, grâce à leurs détestables gouvernements.
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