Résumé

Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye Les Lois des Bretons et l’ancien droit celtique en Irlande

L’Inde encore aujourd’hui nous offre dans la famille associée, joint-family, comme disent les Anglais, l’image exacte du sept celtique de l’Irlande ancienne. La joint-family forme un corps moral qui possède, qui acquiert et qui a une durée perpétuelle comme une société de mainmorte. Elle offre le type parfait de ce mode archaïque de jouissance indivise que l’on rencontre dans toutes les sociétés agricoles primitives.
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D’une part donc le chef devenait plus puissant, et de l’autre ses anciens égaux descendaient relativement dans l’échelle sociale. L’inégalité se marquait sans cesse davantage ; le seigneur féodal s’élevait au-dessus de la classe des cultivateurs, et ceux-ci tombaient dans sa dépendance. Comme le seigneur avait constamment les armes à la main pour la guerre, la chasse et les exercices guerriers, tandis que les paysans en abandonnaient l’usage, il acquérait sur eux cette autorité irrésistible que donne la force, et ainsi il devenait leur maître, et eux ses vassaux.
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A l’origine, le chef du clan n’est que le premier parmi des hommes libres et propriétaires, ses égaux au fond, et qui souvent le nomment par voie d’élection. Quand l’œuvre de la féodalisation est accomplie, ce chef est devenu un seigneur, propriétaire en fait ou en théorie de tout le sol, jadis partagé entre les membres de la tribu, et les cultivateurs ne sont plus que des manans ou des serfs tenus à des corvées et à des prestations en nature pour conserver la jouissance des champs dont ils étaient auparavant les maîtres indépendans.
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