José María Heredia

Définition et enjeux

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Revue des Deux Mondes

Ruy dit et tend le chef livide et hérissé
Qu’il tient empoigné par l’horrible chevelure.
Diego Laynez d’un bond sur ses pieds s’est dressé :
— Est-ce toi, Comte infâme ? Est-ce toi, tête exsangue,
Avec ce rire fixe et cet œil convulsé ?
Oui, c’est bien toi ! Tes dents mordent encor ta langue ;
Pour la dernière fois l’insolente a raillé
Et le glaive a tranché le fil de sa harangue ! —
Sous le col d’un seul coup par Tizona taillé,
D’épais et noirs caillots pendent à chaque fibre ;
Le vieux frotte sa joue avec le sang caillé.
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia La Nonne Alferez

Je me relevai, dans l’angoisse de la mort, et vis le Cid à la porte de l’église. J’allai sur lui. Il vint à moi : — Chien ! Tu es donc encore vivant ? — Et il me détacha une estocade. Je la parai avec la dague et ripostai si heureusement que mon fer, pénétrant au creux de l’estomac, le traversa. Il tomba, demandant confession. Je tombai aussi. Le peuple s’attroupa avec quelques moines et le corrégidor don Pedro de Cordova, de l’habit de Saint-Jacques, qui, me voyant empoigner par les sergens, leur dit : — Laissez ! il n’est plus bon qu’à confesser. — Le Cid expira sur la place.
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Les Trophées

Que ton pied soit solide et que ta main soit prompte.
Mon honneur est perdu. Rends-le moi. Va, mon fils. —
Une heure après, Ruy Diaz avait tué le Comte.
Ce soir, seul au haut bout, car il n’a pas d’égaux,
Diego Laynez, plus pâle aux lueurs de la cire,
S’est assis pour souper avec ses hidalgos.
Ses fils, ses trois aînés, sont là ; mais le vieux sire
En son cœur angoissé songe au plus jeune. Hélas !
Il n’est point revenu. Le Comte a dû l’occire.
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