“ Landri décoche une flèche à l’oiseau ; la flèche touche sa mère à la poitrine ; elle se lamente et se fait connaître. Landri ouvre la prison, voit sa mère entourée de reptiles, la délivre, la réconforte avec les mets que lui procure la nappe merveilleuse enlevée aux nains. Sur le conseil d’Olive, il retourne chez sa nourrice, afin d’aviser aux moyens de réhabiliter sa mère. Voulant se rendre à la cour de Charlemagne, qui a succédé à Pépin, il a à lutter contre de terribles enchantements de sa marâtre, puis à déjouer un attentat de Milon et de Malalandres, qui veulent le tuer. ”
Landri
Définition et enjeux
Citations sur “Landri”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Ne me dis pas que cette démarche de Landri prouve de sa part et de celle de son père un affolement. Je le sais. Je sais autre chose, et par une expérience de combien d'années? M. de Claviers et Landri, avec leurs défauts, leurs préjugés, leurs sottises, leurs ridicules, sont de très honnêtes gens, incapables de faire un tort à quelqu'un, volontairement. S'ils t'ont soupçonné ainsi, c'est qu'ils ont cru en avoir le droit. Il faut que vous ayez, le marquis et toi, rompu vos relations pour un motif que je ne connais pas. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Landri était mince comme Jaubourg, élégant comme lui, mais d'une élégance menue et bien près d'être étriquée, comparée à la prestance de ces seigneurs d'une si opulente robustesse. Ils avaient tous de belles prunelles claires et bleues. Il avait, lui, celles de Jaubourg, brunes et sombres. A la distance de tant d'années, il entendait sa mère dire : « Landri a mes yeux. » Pourquoi ? Pour empêcher que l'on ne reconnût les yeux de l'autre. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Avec l'élégante et hardie tournure qu'avait Landri, avec sa charmante physionomie, à la fois martiale et rêveuse, qu'aurait durcie une bouche fière, presque hautaine, sous le voile un peu fauve de la moustache, si les yeux d'un brun caressant n'en eussent adouci l'expression, cette enfantine ruse ne pouvait signifier qu'une chose, le désir de protéger, contre les curiosités et les commentaires, un rendez-vous clandestin. ”
Jean-François Albanis-Beaumont, Description des Alpes grecques et cottiennes… (1802-1806)
“ Les habitants de Landri sont très laborieux et très économes, on y trouve des particuliers qui possèdent de très grandes fortunes, ils les doivent en grande partie à leur commerce de bestiaux ; ils élevent sur-tout de beaux mulets et de nombreux troupeaux de moutons. Le village de Landri est situé à l'entrée de la gorge étroite qui conduit à Pesei, il est traversé par un torrent impétueux qui prend sa source au pied du glacier du plan que l'on voit à la droite du vallon où sont construits les bâtiments des mines ; ses environs sont très riants et extrêmement fertiles. ”
“ C’est au mois de mai : l’empereur Alexandre est dans son verger, sous une tente ; Landri, Asson et Guinemant sont avec lui, en même temps que Salmadrine, gracieusement costumée. Elle adresse la parole à Landri ; celui-ci ne répond guère à ces avances et lui dit qu’il pense à sa mère, qui est en France au pouvoir de Tomile. À ce moment, les messagers arrivent ; ils mettent pied à terre devant la tente de l’empereur, et font le récit de leur mission : ils ont constaté que Landri est bien le neveu du roi Pépin ; en même temps, Outré remet à Landri l’anneau qu’Olive lui a confié. ”
“ Landri demande l’aide des bourgeois : ils la lui refusent, à cause du « putage » de sa mère. Ils s’en vont à Paris et descendent chez un bourgeois, qui va dire à Pépin que son neveu est arrivé ; le roi défend de laisser entrer Landri. Celui-ci vient frapper à la porte du palais ; le portier lui refusant l’entrée, l’enfant se met en colère et le maltraite ; Asson et Guinemant le calment. Pépin, du haut de son palais, adresse la parole à Landri ; il voudrait bien l’aider, mais il ne peut, car il est lié par un serment à Tomile. ”
“ Le récit revient à Landri : le « trouveur » rappelle ses aventures et l’amour de Salmadrine. Une nuit, Landri est seul, sans autre suite que les cinq compagnons qu’il avait amenés de France ; son maître Guinemant remarque qu’il pleure et soupire. Interrogé par Guinemant, Landri évoque ses malheurs : sa mère [probablement] tuée, le roi Pépin qui l’a abandonné, le mauvais « lignage » qui possède sa terre. Guinemant lui conseille de prendre congé du roi Alexandre, de retourner [en France] et d’y défier le roi Pépin. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Plus achevés et qui résument tous les autres. Une fois de plus, Landri eut le sentiment de la supériorité de cet homme qui, faute d'un milieu favorable, avait usé son long âge à une figuration et pour *5 motifs si profonds, si mêlés du plus généreux idéalisme. ”
“ Landri et ses partisans ont le dessous ; ils vont à leurs hôtels pour s’armer ; c’est la première fois que Landri prend les armes. Il y a un combat sur les bords du Rhin ; Tomile est blessé ; il conseille à ses parents, Ganelon, Hardré et Hervi de Lion, de conclure avec Landri une trêve de quatre ou cinq ans ; on pourra toujours l’assassiner plus tard. Doon accepte l’idée d’une suspension des hostilités, et annonce à Landri qu’il a conclu une trêve ; il se déclare joyeux du courage de celui qu’il n’ose croire son fils. ”
“ L’empereur ordonne à deux de ses chevaliers, Berengier et Outré, de s’en aller en France, à Laon, pour savoir la vérité au sujet de Landri. Salmadrine les fait venir de son côté et menace de les faire mettre à mort s’ils rapportent [au sujet de Landri] des choses qui lui seraient désagréables. Elle leur donne deux « dromadaires », qu’elle fait garder dans un cellier et qui courent merveilleusement vite ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Je ne les confonds pas, M. de Claviers et lui. Landri est faible. Il n'ose pas rompre en visière avec les préjugés d'un milieu qu'il apprécie pourtant à sa vraie valeur. Tu as vu son absurde conduite dans cette histoire d'in - ventaire? Il ne croit pas. Il adore l'armée. Et il se fait casser aux gages !. C'est une pauvre tête, mais un très bon garçon. — Landri n'est nullement venu s'excuser, ni lui ni son père, dit le docteur. Il est venu nous accuser. — Nous?. s'écria Chaffin. ”
Les grandes chroniques de France…
“ Celui-ci respondi: «Vous vous fiez en la grant plenté de gent que vous avez: car vous savez bien que je n'ai mie avec moi ma gent, parquoi je vous peusse seurmonter; mais si tu faisois traire ta gent arrière par tel manière que tu ni je n'eussions aide pour besoin que nul de nous deus eust, je sortirois pour combattre à toi corps à corps.» Landri refusa la bataille dont celui-ci le poignoit. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ On ne compte pas, pour eux, quand on n'est Pas de leur caste. Ils ne vous feraient pas un tort matériel. De ceux-là ils se soucient, par orgueil. Des autres, non. J'attendais mieux de Landri. Décidément, il vaut son père. Il manque des papiers chez leur Jaubourg, des titres de rente, sans doute ? C'est à nous qu'ils pensent, remarque bien, à nous, à toi aussi bien qu'à moi. Est-ce que j'en conclus qu'ils ont des indélicatesses à te reprocher ? Non. Et toi, si, pour moi ! C'est incroyable !. Mais l'indélicatesse, c'était de venir ici, t'insulter et insulter ton père ! ”
“ G. Paris, qui a oublié de parler du rôle de Landri dans notre poème, ne parle pas non plus de Parise la Duchesse, où l’on trouve manifestement le même thème ; il est vrai que le jeune Huguet, dans Parise, s’il amène des troupes avec lui, ne doit pas ces troupes à son beau-père ou futur beau-père, mais cela ne fait pas grande différence. ↑ M. Benary remarque qu’il est déjà question de Constantinople dans des récits sur Childéric. ↑ Dans E, Enrrique (= Landri) est à ce moment le gendre et même le successeur de l’empereur ; dans F, Landri est le fiancé de la fille de l’empereur. ”
Les grandes chroniques de France…
“ Fredegonde aperçu bien que ce avoit été le roy; et que il n'avoit pas porté de bon cuer la parole que elle avoit dite. Lors pensa bien que elle estoit en péril, si elle attendoit sa revenue; pour ce jeta jus toute paour, et prist toute hardiesse de femme; Landri manda que il venist à elle parler. Lors lui dist: «Landri, la cause de ton chief est en présent437: pense plus de ta sépulture que de ton lit, si tu ne t'avertis comment tu pouras guérir.» Lors lui conta comment la parole avoit esté dite. Moult fut Landri esbahi, quant il oy ce ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ S'il pense de la sorte, songeait-il en regardant Landri s'éloigner de la caserne du pas rapide d'un homme qui veut être seul, pourquoi a-t-il fait ce qu'il a fait ?. A peine va-t-il à la messe. Il adore le métier. Il n'a pas d'opinion politique. C'est incon- cevable. Il doit y avoir du jupon là-dessous. Tiens ! tiens 1 Mais j'y suis. Il avait l'air bien amoureux ici de la petite femme du pauvre Olier, est une bigote finie. ”
“ Elle met au monde un fils, Malingre, qui sera félon et perfide ; quand Landri a dix ans, Malingre entre dans sa septième année. Lui aussi insulte Landri ; même il le frappe [86] , et Tomile lui donne un coup de pied. Cette fois, Doon prend le parti de son fils aîné ; Landri, heureux de cette intervention, monte sur une table et tient des propos menaçants contre Tomile ; Doon adresse des reproches à celui-ci. Asson de Mayence conseille à Doon de donner La Roche à Landri ; Audegour proteste ; Tomile frappe Asson si rudement qu’il tombe aux pieds de Landri. ”
“ Ils partent, richement costumés, assis sur les dromadaires et munis de malles remplies de « besants ». Au bout de huit jours ils sont à Cologne ; ils demandent l’hospitalité à un riche bourgeois, Gonteaume, originaire de La Roche et cousin de Doon. Gonteaume se déclare prêt à les loger pendant un an, sans rien leur faire payer, « pourvu seulement que Dieu ramène Landri, mon vrai seigneur, et qu’il maudisse Tomile et Malingre, qui l’ont chassé du pays » ! Les messagers sont ravis quand ils apprennent qu’il connaît Landri. ”
“ Tomile injurie Olive, et Doon renie son fils. Celui-ci se déclare prêt à combattre le calomniateur de sa mère ; Tomile lui tend son gant ; l’enfant saisit un bâton et frappe Tomile à la tête, si rudement qu’il tombe par terre. Doon défend à Tomile de se battre avec son fils ; il ordonne à Olive de rentrer à son « hôtel », où elle pourra se livrer à sa « puterie ». Olive proteste de nouveau de son innocence ; le petit Landri déclare qu’il vengera sa mère dès qu’il sera en état de porter les armes. L’auteur prédit qu’en effet Landri se fera redouter, d’Aix-la-Chapelle jusqu’à Constantinople. ”
“ Quatre foiz se pasma ; ne s’en pot tenir mie. XLIV [44] Quant li dus Do entent que la nonnains li dit, Et il sot bien de voir que mie ne menti, Onques puis, cele nuit, ne manja ne dormi. 1230L’endemain, par som l’aube, a fait Landri venir ; Bel et cortoisement a apeler le prist : « Haï ! biaus filz », dist il, « com me poise de ti ! « Ne te puis en cest regne ne aidier ne tenir. « Cil gloton t’ociront, qui sont tui enemi. 1235« Et car t’en va en France a ton oncle Pepin. XLV [45] — Je irai volentiers. » ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ « C'est bien de la folie. » Mais quoi encore ? Ils risquaient toujours de se rencontrer. Si Landri voulait vraiment rester fidèle au pacte conclu avec M. de Claviers et défendre la mémoire de sa mère, même coupable, contre ce témoin de l'agonie de Jaubourg, mieux valait le revoir plus tôt et se comporter vis-à-vis de lui comme si le mourant avait en effet tenu des discours de fou, qui ne comptaient pas. Il y avait bien Une difficulté d'un autre ordre. Pierre était le fils d'un homme congédié par le marquis pour indélicatesse. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Il en allait ainsi du petit au grand- Le domestique qui vint ouvrir à Landri était le vieux maître d'hôtel qui, la veille, portait là-bas le message du mourant. Jaubourg exerçait bien sur lui un patronat très analogue à celui de M. de Cla- viers sur les Mauchaussée et leurs congénères. Mais le châtelain connaissait ses gens, pour reprendre encore une de ses expressions, « du plant et du pied »• C'étaient des terriens, du voisinage de Grand champ; leurs pères et leurs mères saluaient déjà sur leS routes le défunt marquis, comme ils appelaient le grand-père de Landri ”
“ Doon coupe immédiatement la tête au misérable, sans le mettre d’abord à la torture. Il veut de même couper la tête à sa femme, qui s’est éveillée et ne comprend rien à ce qui se passe ; mais ceux qui l’accompagnent le retiennent et lui donnent le conseil de faire venir le roi Pépin. Olive, de son côté, offre de se justifier par l’épreuve du feu ou de l’eau ; Doon est sur le point d’accepter, mais, Tomile excitant sa jalousie, il se met en colère, et frappe même d’un coup de pied le petit Landri [82] . ”
“ Finalement, Olive est condamnée à être enfermée pendant sept ans dans une tour remplie de reptiles venimeux ; on lui donne journellement une cruche d’eau et un pain grossier pour toute nourriture. — Hugon épouse la fille du traître, qui s’appelle ici Aglavia ; il en a un fils, Malalandres. Landri, le fils d’Olive (en norrois : Landres) , cherche un asile chez son ancienne nourrice, Siliven. Sur le conseil de celle-ci, il se rend cependant de nouveau à la cour, pour y assister à un jeu de paume, et y faire l’épreuve de sa valeur ; il a une rencontre violente avec son demi-frère ”
“ Doon déclare qu’il accepte cette proposition, si le roi donne son consentement. Doon et Tomile vont à Paris, où le roi consent, en effet, au mariage, après que Tomile lui a livré vingt mulets chargés d’or [84] ; seulement, il exige que sa sœur Olive soit traitée et vêtue conformément à son rang. Après Pâques, à Cologne, a lieu le mariage de Doon et d’Audegour. Au moment où le mariage se célèbre, Olive se rend à l’église, son petit Landri dans ses bras : l’enfant élève la voix, s’adressant à son père et à l’archevêque, et proteste contre le mariage [85] ; il menace Tomile d’un châtiment futur. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ Si. Je me rappelle, maintenant. Le samedi. Mais il n'a pas vu Monsieur, auprès de qui j'étais. Il m'a fait demander, pour avoir des nouvelles fraîches à porter à M. le marquis. Ainsi l'image de Chaffin se trouvait de nouveau associée dans la pensée de Landri aux scènes mystérieuses qui avaient dû se jouer autour de ce lit de mort. Chaffin avait erré autour de cette chambre d'agonie, dans les dernières heures. Chaffin était venu dans l'appartement. Une fois, disait le domestique. Qu'en savait-il? Lui-même avait beau Prodiguer son dévouement le plus assidu au malade, il s'était absenté. ”
Paul Bourget,
L'émigré
(1927)
“ L'inquiétude arro- gante du voleur, toujours à la veille d'être pris, crispait sa face, aiguisait ses prunelles, énervait son geste. Mais nous ne regardons plus ceux que nous voyons sans cesse. Le marquis n'avait pas observé ces signes révélateurs, et Landri pas davantage. D'ail' leurs, le fourbe n'était pas plus tôt en leur présence, qu'il se surveillait d'une surveillance plus sévère à mesure que ses méfaits augmentaient. ”
“ Tomile et Malingre n’en chassent pas moins Olive de Cologne ; elle part, assise sur un mauvais « roncin », et se réfugie en Hongrie, où elle est recueillie par son oncle, l’évêque Auberi, à « Seine la ville » (v. 2110-2166 ; cf. v. 2925, pour la résidence d’Auberi) . Tomile et Malingre, craignant une invasion possible de leur terre par Doon et Landri, expulsent Doon de Cologne ; quand celui-ci veut se réfugier à Aix- [la-Chapelle] , on lui en refuse l’entrée. Il se retire à La Roche et part de là pour Paris, afin d’y voir Pépin. Il trouve le roi malade ”
“ Coloigne, 112 [ms. Coulongne] , etc., Coloigne sor mer, 1622, Cologne, ville habitée par Doon et où se passe le drame de l’accusation d’Olive et toute la conjuration contre Landri ; l’archevêque de C. protège les envoyés de l’empereur Alexandre contre Tomile, 1603 et suiv. ; Doon en est chassé, 2168 et suiv. ; Doon reprend la ville, 4059 et suiv. ; Pépin y va avec Doon et Olive, 4614 et suiv. ; voir Joserant, Simon, Tomile. Constantin (palais) , 2759, 2792, palais bâti à Constantinople par Constantin le Grand. ”
