Marquis de Kardigân

Définition et enjeux

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit Jean-nu-pieds, chronique de 1832…

Le marquis de Kardigân reprit les choses de haut.
Il raconta cette pure histoire d'amour que nous connaissons, commencée par un jour d'émeute et finie par une nuit de désespoir.
De Puiseux était violemment ému.
Ce drame si simple et en même temps si poignant lui tirait des larmes des yeux.
Quand Jean en vint à ce combat de l'amour et du devoir, où il avait dû subir de si terribles assauts, de Puiseux se leva, et, par un mouvement spontané, il se jeta au cou du marquis:
—Bravo, Jean! dit-il.
—Tu m'approuves?
—Si je t'approuve? Je t'admire! Tu es grand par le cœur comme par la loyauté
Source : Gutenberg

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit Jean-nu-pieds, chronique de 1832… (1874)

Le marquis de Kardigân, depuis que nous l'avons quitté sur le pont du Wellington n'avait pas seulement vieilli au physique. Son intelligence, mûrie par les coups terribles de la destinée, avait fait de lui qu'il était déjà un homme remarquable, un homme héroïque, presque un homme de génie. La douleur est la pierre de touche. C'est l'éprouvette humaine. Elle écrase les faibles, mais elle grandit les forts. Pas une seule fois le nom de Fernande n'avait été prononcé entre ses amis et lui. Pas une seule fois Henry ou Aubin n'avaient fait allusion au passé.
Source : Gallica

Portrait de Albert Delpit Albert Delpit Jean-nu-pieds, chronique de 1832…

Néanmoins M. de Kardigân se dirigea vers la rue de Varennes, en quittant le couvent de la Vierge.
Des hommes armés montaient la garde au bout de chaque rue.
La lutte s'annonçait comme devant être plus acharnée que celle de la veille.
Mais nul ne songea à arrêter ce vieillard encore droit et ferme, malgré son cœur brisé, qui portait sur ses traits dévastés tout un poëme de désespoir.
Le marquis marchait, l'œil fixe, la pensée immobile, comme ces Indiens concentrés dans une même idée.
Source : Gutenberg

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