Claude Tillier,
Mon oncle Benjamin
“ Vous ressemblez au bœuf qui se laisse conduire par un enfant, de sa verte prairie à l’abattoir. Oh ! le peuple est lâche, il est lâche ! je le dis avec amertume, comme une mère dit que son enfant a mauvais cœur. Toujours il abandonne au bourreau ceux qui se sont sacrifiés pour lui, et s’il manque une corde pour les pendre il se charge de la fournir. Deux mille ans ont passé sur la cendre des Gracques et dix-sept cent cinquante ans sur le gibet de Jésus-Christ, et c’est toujours le même peuple. Il a quelquefois des lubies de courage ; il jette le feu par la bouche et les naseaux ”
