“ Entre le Frère et moi, passa la longue tête noire de Baptiste.—A-t-on jamais vu bête plus curieuse! s’écria l’ermite, riant à gorge déployée. Il faut qu’elle fourre son museau partout.Puis, s’adressant à Baptiste:—Eh! que te font, à toi, qui vas à quatre pattes, les amourettes de Simonnet Garidel et de Liette Combal? Réponds, grand Nicodème, si tu l’oses.L’âne, interrogé, se mit à braire bruyamment. Barnabé rit de plus belle, et je ne me fis pas prier pour l’imiter.—Il n’existe pas de bourriquet plus esprité en toute création du bon Dieu, dit le Frère regardant Baptiste d’un œil attendri. ”
Citations sur “bourriquet”
Marcel Proust,
Du côté de chez Swann
“ Comme le bouquet qu’un voyageur nous envoie d’un pays où nous ne retournerons plus, faites-moi respirer du lointain de votre adolescence ces fleurs des printemps que j’ai traversés moi aussi il y a bien des années. Venez avec la primevère, la barbe de chanoine, le bassin d’or, venez avec le sédum dont est fait le bouquet de dilection de la flore balzacienne, avec la fleur du jour de la Résurrection, la pâquerette et la boule de neige des jardins qui commence à embaumer dans les allées de votre grand’tante quand ne sont pas encore fondues les dernières boules de neige des giboulées de Pâques. ”
Blanche Lamontagne-Beauregard,
Au fond des bois
“ Volez donc, ô notre âme, puisque vous avez des ailes ! Au printemps, quand la terre s’éveille et chante son cantique de vie, volez avec les oiseaux et les fleurs, volez avec les papillons et les colibris. En automne, volez avec les graines voyageuses qui transportent la joie dans l’air, volez avec les nuages légers, avec le riche parfum des champs mûris, volez avec les brises embaumées, avec le souffle des forêts pleines de bruits d’ailes et de merveilleuses éclosions ! Ne soyez pas le ver qui rampe ; soyez l’oiseau qui plane. En été, volez avec les senteurs et les sèves ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ XLII. Ennuyé, morose, le cœur refroidi, je parcours le monde également froid et chagrin. L’automne touche à son terme. Un brouillard enveloppe comme d’un linceul humide les paysages à demi morts. Les vents sifflent, fouettant de côté et d’autre les feuilles rouges et jaunes qui tombent des arbres. La forêt gémit, la bruyère est couverte d’une vapeur fumante. Voici le pire à présent : il pleut. XLIII. Les brouillards de la fin de l’automne, comme des songes glacés, s’abattent sur la vallée et sur la plaine. L’orage effeuille les arbres, ils sont nus et chauves comme des spectres. ”
Théodore Maurer, Fleurs morvandelles (1906)
“ O Mai, qui de senteurs balsamiques nous grises! Le vent, qui court plus tiède aux bois comme aux vergers, Rend plus alerte l'aile et les vols plus légers. Qu'ils sont loin, les longs mois d'hiver et leurs traîtrises! ”
“ Le vent sème la graine; le soleil évapore la mer; le vent souffle la vapeur au champ; la glace, de l'autre côté de la planète, condense la pluie sur cela; la pluie nourrit la plante; la plante nourrit l'animal; et ainsi les circulations interminables de la charité divine nourrissent l'homme. ”
Émile Péhant,
Sonnets et poésies (Nouvelle édition avec une préface…
(1875)
“ Loin de nuire aux épis qui sont encore en herbe, La neige les conserve et plus chauds et plus verts. L'ORAGE Quand le ciel est tout noir sous un vaste nuage Et qu'une odeur de poudre empeste au loin les airs, Les oiseaux effrayés rentrent sous le feuillage ; Et la foudre grondante éclate aux cieux déserts. Mais lorsque le soleil, à la fin de l'orage, Jette des rayons blancs sur les arbres plus verts, Tous les petits oiseaux, secouant leur plumage, Sur les lilas en fleur reprennent leurs concerts. ”
Évariste Boulay-Paty,
Poésies posthumes et inédites d'Émile Roulland
(1838)
“ Le soir colore Ton front serein Par fois plus vite Ton sein s'agite, Et dans sa fuite Lance l'éclair; Puis d'une haleine Froide, incertaine, Le vent t'entraîne Perdu dans l'air. 0 blanc nuage, De ton voyage Combien volage Est le destin! Feuille changeante, Feuille mourante, Toujours luttante Contre les vents, Leur souffle haie Ta face pâle Qui triste exhale Des sons tremblans ; Et du bocage Quand de l'orage L'aile sauvage T'enlèvera, Le pied folâtre Du jeune pâtre, Au front noirâtre, Te foulera ; Feuille changeante, Feuille mourante, Toujours luttante Contre les vents! ”
Henri de Régnier,
Revue des Deux Mondes
“ Devant nous, les Travaux et le Temps et l’Amour Vont passer. Vois ! pieds nus, sandale ou sabot lourd, La faucille, la fourche ou la faulx à l’épaule ; Ils portent la corbeille ou l’amphore ou le van ; Et nous entendrons fuir sur l’herbe qui les frôle Le doux pas de la pluie et les ailes du vent. LES FEUILLES L’ombre qui se retire ou s’allonge, selon L’heure du jour qui croît ou du jour qui décline, Marque le cours du temps et la saison divine Où l’aube est toujours claire et le soir toujours long. ”
Henri Coupin, Les plantes originales (1905)
“ Une bénédiction de soleil tombe du ciel doré, une quiétude monte de la mer endormie, la terre bourdonne, les filles dansent, les marteaux des tonneliers chantonnent, et alors qu'ailleurs tout n'est que neige et que brume, le vent du soir soulève des pentes comme un parfum de Fête-Dieu ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Germes ignés enclos dans le sein des nuages Que la tempête assemble en quelque coin des cieux. Des vapeurs qu’il étreint, le vent victorieux Exprime en s’y mêlant ces germes qu’il attise ; Et son souffle, engouffré dans la fournaise, aiguise Les éclairs fulgurants, doublement irrité Par les feux qu’il rencontre et sa rapidité. Le vent s’est embrasé ; le feu, crevant la nue, A déchaîné sa force. Alors l’heure est venue, Alors la foudre est mûre et tombe, empourprant l’air ; Tout s’emplit des lueurs errantes de l’éclair. ”
Édouard Rod,
La Chute de Miss Topsy
“ Des nuages courent dans le ciel, que des éclairs sillonnent de flèches aiguës ou illuminent de nappes éclatantes ; le vent tord les arbres, dont les branches gémissent en s’entrechoquant, soulève l’eau en hautes vagues, et des mouettes volent en faisant resplendir leurs ailes blanches parmi des rayons très pâles qui filtrent d’entre les nuages... ”
Dr Boucher, Impressions de voyage de Marseille à Constantine… (1904)
“ La lune, dont le gracieux contour se détache avec une incomparable netteté dans cette atmosphère sereine et pure apparaît soudain sur notre gauche au-dessus des flots, tandis que le soleil s'entourant d'une large auréole rouge, perd son éclat et semble se plonger comme à regret dans l'immensité de ce cercle d'eau sur lequel il projette comme une dernière traînée de feu, et des rayons jaunes dorés qui tremblent au sommet des petites vagues soulevées par la brise du soir, simulant les dernières étincelles d'un formidable incendie. ”
Louis Bouilhet,
Dernières chansons
“ Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes, Le soleil s’étalait, radieux, dans les airs, Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes, Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts ! ”
John Milton,
Le Paradis perdu
(1667)
“ Le jour et la nuit, le temps de la semaille et de la moisson, la chaleur et la blanche gelée suivront leurs cours, jusqu’à ce que le feu purifie toutes les choses nouvelles, avec le ciel et la terre où le juste habitera. ”
Ernest d' Hervilly, Histoires de mariages (1879)
“ Et c'était l'un des plus délicieux soirs de la brève et troublante saison des pousses, qui venait de succéder, brusque et torride, à l'interminable et morne succession des jours d'un impitoyable hiver polaire, silencieux, au soleil éteint. La nature soudain réchauffée se dilatait avec ivresse, bruyamment. La vie tenace, paralysée pendant d'immenses périodes de froids intenses, se hâtait de se manifester avec énergie, de se répandre à flots, de se perpétuer passionnément. ”
George Sand,
Un hiver à Majorque
“ Ceux qui poussent de bonne heure n’ont point à subir les coups de la gelée ; les gazons conservent toute leur fraîcheur, et les fleurs n’ont besoin que d’une matinée de soleil pour mettre le nez au vent. Lorsque notre jardin avait un demi-pied de neige, la bourrasque balançait, sur nos berceaux treillagés, de jolies petites roses grimpantes, qui, pour être un peu pâles, n’en paraissaient pas moins de fort bonne humeur. ”
Vie de Mgr Pierre-André Retord… (1859)
“ Quel sujet d'anxiété et de consternation pour nos chers néophytes qui s'attendaient à une belle fête ! Mais bientôt le ciel se charge d'énormes nuages noirs ; la nuit vient, nuit ténébreuse s'il en fut jamais; des éclairs redoublés sillonnent l'horizon en tous sens; des coups de tonnerre, aussi majestueux que terribles, éclatent et rebondissent d'écho en écho dans la profondeur des vallées avec un fracas épouvantable; la pluie semble tomber comme au déluge. ”
Jules Laforgue,
Moralités légendaires
“ Le clair de lune était si violent, que les nids en jasaient et que des fourmilières vaquaient à leurs diurnes travaux. Enfin, voici, à n’en plus douter, le sublime peuplier nuptial, toutes feuilles d’argent frêle frémissantes dans cet enchantement polaire sur fond de ciel bleu d’outre-mer glacé ! ”
Joachim Gasquet,
Le Paradis retrouvé, poèmes
(1911)
“ La lune sur les monts jouera comme un cabri. Mon troupeau, près de vous, broutera l'herbe épaisse, Et si vous accordez que jusqu'au jour il paisse Sans crainte de l'orage, ô vents, demain matin Je vous parfumerai de lavande et de thym, Et je dirai partout, à qui voudra m'entendre, Que comme tous les forts vous avez l'âme tendre. ”
Frédéric Bastiat,
Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat…
“ Et le rayon qui perce la nue, et la nue que chasse le vent, et le vent qui amène la pluie, et la pluie qui dissout les substances fertilisantes, et ces substances qui développent dans la jeune plante le mystère de la vie, toutes les puissances connues et inconnues de la nature préparent la moisson pendant que le laboureur cherche dans le sommeil une trêve à ses fatigues. ”
“ D’où naissent tour à tour le froid et les chaleurs, Ou des vents inconstants lorsque l’humide haleine Change pour nous des cieux l’influence incertaine, Les êtres animés changent avec le temps : Ainsi, muet l’hiver, l’oiseau chante au printemps. ”
Pierre de Bouchaud,
Les jours reflétés
(1925)
“ A l'horizon, les pics se saupoudrent de neige. Du poids mort de l'été la Nature s'allège. Sur leur tige rigide on voit les hauts rosiers S'épanouir, contents d'échapper aux brasiers D'un soleil furieux et qui, la veille encore, Effritait et fanait leurs jets multicolores. ”
Selma Lagerlöf,
Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
(1912)
“ L'air retentissait de leurs piaillements, et Nils tressaillit. — « Voilà la pluie, la pluie donne le printemps, le printemps donne les fleurs et les feuilles vertes, les fleurs et les feuilles vertes donnent larves et insectes, larves et insectes nous donnent nourriture ; nourriture bonne et abondante, c'est ce qu'il y a de meilleur au monde », chantaient les oiseaux. Les oies sauvages aussi se réjouissaient de la pluie qui allait éveiller les plantes et creuser des trous dans la glace des lacs. ”
Hector Berlioz,
Les Grotesques de la musique
“ Quant aux tristes contrées où fleurissent seulement les sapins, les bouleaux et le perce-neige, elles ont déjà de temps en temps des saisons, mais éclairées comme les nuits polaires, par des aurores boréales seulement. ”
Camille Melloy, Le Blé, ce beau trésor. Illustrations en couleurs de Georges Frédéric (1933)
“ Et puis viendra l'hiver. Le mauvais temps s'attardera longuement sous le ciel gris. La neige succédera aux pluies, la pluie aux neiges. La graine n'est-elle pas perdue? Que deviendra-t-elle dans la terre, qui a l'air morte? ”
Victor Méric,
Le Crime des Vieux
“ Tout, autour de moi, atteste le miracle de la résurrection. Du linceul de l’hiver s’élance la force nouvelle qui fendille le sol, fait craquer les bourgeons, fournit l’essor aux insectes. Ce mouvement, je le sens en moi, à chacun de mes printemps. ”
Caroline Liais, La mer, la forêt, la montagne (1897)
“ Tous les oiseaux sont sortis des nids, les plus beaux papillons ont leurs ailes : voici l'été venu. Sur les fleurs et les feuilles, les nuances délicates du printemps ont disparu, le soleil a mis sur les champs, sur la forêt, les tons puissants de la maturité. ”
Lucrèce,
''Lucrèce, Virgile, Valérius Flaccus - Œuvres complètes''
“ On explique autrement encore le bruit du vent qui souffle à travers les nuages. Car on voit souvent marcher des nuages hérissés de mille branches, de mille aspérités. Ils retentissent alors comme, dans les épaisses forêts que traverse l’haleine du Caurus, sifflent les feuilles et résonnent les rameaux. Quelquefois même l’emportement d’un souffle irrésistible perce le nuage, et le crève en l’assaillant de front. ”
Émile Verhaeren,
Toute la Flandre
“ Les yeux qui voient, croient voir une aile aérienne, Parmi les lointains purs doucement remuée, Les éventer du fond du ciel, sous les nuées. Le vent, qui chante et rit, murmure une louange À l’herbe ardente et drue et caresse les haies ”
Eugène Le Roy,
Jacquou le Croquant
(1899)
“ Dans les bois, les feuilles secouées par un vent humide tombaient au pied des arbres, ou quelquefois, enlevées par une rafale, tourbillonnaient dans la nuit, passant sur nos têtes comme une innumérable troupe de sansonnets emportés par la bourrasque. ”
Eugène Orrit, Oeuvres posthumes d'Eugène Orrit… (1845)
“ La lune s'élevant, du brouillard se dégage ; Le vent siffle plaintif et froisse le feuillage, L'onde gonfle ses flots écumant de fureur, La terre tremble, l'air et les cieux s'obscurcissent, Des chênes et des pins les branchages frémissent, Des esprits malfaisants les appels retentissent, Les éléments émus tressaillent de terreur. ”
“ Nuages aériens, voyageurs célestes, générateurs de tous les fruits, vous qui renfermez dans votre sein les trésors de la pluie, vous qui parcourez le monde poussés par la forte haleine des zéphyrs, nuages foudroyans, enflammés, retentissans, vous qui tour à tour répandez dans l’air un inimitable murmure ou qui faites entendre d’affreux sifflemens sous le souffle des tempêtes, je vous supplie maintenant de verser sur la terre, avec de doux vents, les pluies fertiles qui fécondent les fruits. ”
Cécile Beauregard,
Moisson de souvenirs
“ Après Pâques, ce fut la fonte des neiges, la débâcle, l’inondation annuelle qui nous priva de plusieurs rues pour nos promenades, et puis, le soleil plus fort, les grands vents qui séchaient la terre et poussaient les nuages, dans le ciel très bleu. Un beau jour, l’homme enleva les châssis-doubles et réinstalla les jalousies qui amenaient une ombre de verdure, dans les classes. ”
Paul-Ferdinand Martin-du-Pont, Mes impressions (1803-1876) ; par P.-F. Martin-Dupont… (1878)
“ Alors, nous respirions d'aise; nous nous égarions le long du ruisseau, nous parcourions le verger, nous cueillions des perce-neige, des primevères, des crocus blancs ou violets dont nous faisions des bouquets que nous offrions à nos parents. Je voyais arriver avec une joie bien vive la pousse des feuilles, le retour des oiseaux, le renouvellement des prairies et des champs, le travail de la nature. La nature a toujours exercé sur moi une réelle influence, surtout à son réveil ; à ce moment, les neiges s'en vont, tous les ruisseaux grossissent et bruissent. ”
Virgile,
Œuvres de Virgile (coll. Panckoucke…
“ Si tu observes le soleil dans sa marche rapide, la lune dans ses phases diverses, jamais le lendemain ne te trompera, et tu ne te laisseras point surprendre à l’éclat perfide d’une nuit sereine. Si, lorsque la lune rassemble ses feux renaissants, son croissant apparaît obscur dans un ciel sombre, de grandes pluies menacent les laboureurs et les matelots ”
Maurice Leblanc,
Contes du soleil et de la pluie
“ Vent, pluie, neige, gelée, soleil, tout passa sur lui, non sans le gratifier de quelques rhumes, d’une congestion pulmonaire où il faillit rester et d’une insolation qui lui fournit des renseignements précieux sur la souffrance physique. ”
François-René de Chateaubriand,
Chateaubriand illustré : mélanges
(1852)
“ Son bouclier est un nuage; derrière ce bouclier passe la lune errante. L'ombre a pour lance une colonne de brouillard d'un bleu sombre , surmonté d'une étoile sanglante; un météore lui sert d'épée; les vents, dans leurs jeux, élèvent la chevelure du fantôme comme une fumée; deux flammes qui sortent de deux cavernes creusées dansles nuages sont les yeux menaçants de cet enfant de la nuit. ”
Joséphine Colomb, Petites nouvelles, par Madame Colomb… (1931)
“ La pluie augmente, raye au loin le ciel et voile tout le paysage; la terre sèche et poudreuse des champs la boit avec avidité; les herbes se relèvent et reverdissent à vue d'œil, et les bourgeons, qui n'osaient pas s'entr'ouvrir sous les brûlants rayons du soleil, se développent et déplient leurs petites feuilles satinées. ”
Louis-François Jéhan, Tableau de la création, ou Dieu manifesté par ses oeuvres… (1872)
“ En cette riante saison, une petite pluie est un présent du Ciel, et donne un nouveau charme à la nature. La terre même laisse échapper de salutaires, d'agréables vapeurs. On a appelé les différents parfums des végétaux le moral des plantes. Certes, dans cette saison le feu céleste , qui semble donner une âme à la nature, vivifie ses mouvements et se répand autour d'elle. ”
