Alphonse Daudet,
L’Évangéliste
“ À ces moments-là, Éline oubliait toutes ses misères et l’horrible arrachement des affections rompues. Perdue en Dieu, anéantie dans un amour immense au-dessus de tous les amours, un frisson passionné changeait sa voix, la faisait plus prenante et plus forte. Ses traits enfantins, sa douceur de blonde s’exaltaient en parlant, cernés d’ombres voluptueuses, et ses larmes, des larmes à flot, emportant la rose fleur de sa carnation délicate, lui semblaient le vrai baptême régénérant, l’onde salutaire sur le limon du péché. ”
