Marcel Dugas

Élements biographiques

Portrait de Marcel Dugas Marcel Dugas Psyché au cinéma

LA DÉFAITE DU PRINTEMPS À M. de Paillasse, Moi — et autres clowns.
Sur des terres d’où s’est enfuie la joie d’aimer et de vivre, le soleil promène d’insolents rayons : il marche tout le jour, environné de sa gloire et de prismes aveuglants ; il est un dieu cruel qui se plait aux sarcasmes terrestres. Cependant que la mort s’avive, se repaît de mille têtes, il se fascine, éternel Narcisse, dans je ne sais quelle fantasmagorie de rires et de miracles verdoyants. Il est la vie qui coopère à la dévastation, aux forces brutales, au destin.
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Portrait de Marcel Dugas Marcel Dugas Salve alma parens

Filles-fleurs qui ploient sous l’averse ardente des journées d’août.
Filles enrobées dans un manteau d’hermine et qui, des entrailles du sol, surgissent comme des statues de sel, car c’est l’hiver.
Dans leurs yeux, comme dans un miroir, le désir se baigne. Le désir ! Tous les désirs. Mais celui-là entre autres, le meilleur : au bout de l’allée, le jeune « cavalier » s’avance, sourire aux lèvres, portant sa force, tel un talisman. Elles l’ornent de qualités : il est beau, ses regards brillent. Elles courent au-devant de lui, l’entourent, font chaîne. Et c’est un prisonnier.
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Portrait de Marcel Dugas Marcel Dugas Psyché au cinéma

Le printemps voit cette extrême ironie de la terre, de la jeunesse, se levant tout armée pour l’œuvre de la mort, devant un soleil qui, hier, commandait la vie et l’amour. Le printemps est défait ! Ils ont crié tellement fort ; ils ont tellement lancé vers le ciel la clameur de destruction que le printemps aussi semble fatigué, qu’il s’affaisse comme s’il allait s’évanouir. Ce printemps donne l’impression d’une chose brûlante qui ne sera pas apaisée, ou, selon les heures, de mourir avec les êtres et les choses.
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