René Thorel

Élements biographiques

Portrait de René Thorel René Thorel Souvenirs de guerre (1918)

Il faut être arrivé à pas de loup, au débouché d'un boyau, près de nos soldats aux aguets, pour savoir ce qu'il y a chez eux de courage réfléchi, de sang-froid, de grandeur et de bonté : vous les frôlez, ces hommes aux peaux de biques, ils ne se retournent même pas ; leurs yeux sont fixés sur le réseau de fils de fer barbelés qui protège leur tranchée. Personne ne parle, les fusils eux-mêmes sont haletants ; car, si une ombre surgit en rampant devant eux, aussitôt le silence glacial de la nuit vibre d'un clicclac qui s'appelle peut-être là-bas, à quelques centaines de mètres : la Mort !
Source : Gallica

Portrait de René Thorel René Thorel Souvenirs de guerre (1918)

Il faut donc que nous, officiers, nous nous intéressions au sort de ces poilus héroïques et que nous nous penchions par instant sur leurs peines afin de ranimer le moral qui pourrait s'affaiblir, s'effriter.
C'est long, la guerre ; c'est dur, la vie de tranchée : notre rôle à nous, chefs, est de ranimer sans cesse le feu sacré.
Oh ! l'effort à faire de notre part n'est pas grand : un mot bien dit à propos, une bonne poignée de main, quelquefois une cigarette ou un paquet de tabac, et le poilu est content, réconforté, mis en confiance avec celui qui le commande.
Source : Gallica

Portrait de René Thorel René Thorel Souvenirs de guerre (1918)

« Ma journée est finie et mes hommes dorment. —
écrit-il, à la date du 9 mars 1915. — Alors, vêtu de ma peau de bique, je sors et je vais inspecter les postes de combat.
La nuit est couleur d'encre et je me guide dans les boyaux avec ma canne. Soudain, je heurte un corps. Est-ce un Boche ?. Non, mais une de mes sentinelles, un poilu emmitouflé dans des cache-nez, serré dans sa peau de mouton, des sabots aux pieds. Il ne dort pas. Il veille à son poste, fidèle, attentif au moindre bruit. Et je passe, tandis que les balles sifflent au-dessus de moi. »
Source : Gallica

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