Résumé

A. Dastre L’Alcoolisme et l’Asinthisme

Si l’on connaît la plupart des phénomènes morbides qui constituent l’alcoolisme, on n’en connaît guère le mécanisme intime. On n’a qu’une idée vague de l’évolution que l’alcool subit dans l’organisme. On le suit jusqu’au moment où il entre dans le sang et s’y mélange : on le voit pénétrer avec le liquide sanguin dans la profondeur des tissus et s’y arrêter pendant quelque temps. Le buveur est donc imbibé d’alcool jusque dans l’intimité de ses fibres; l’expression « se noyer dans le vin » n’est pas une simple métaphore. L’alcool est ensuite éliminé par les émonctoires naturels.
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A. Dastre L’Alcoolisme et l’Asinthisme

L’intelligence se voile; des combinaisons heurtées et discordantes, des conceptions bizarres, s’y pressent en foule ou s’y succèdent sans aucun lien logique, et dans cette incohérence un seul caractère commun réunit encore les idées débandées, c’est le lien émotionnel. Un même sentiment, tantôt la gaîté, tantôt la colère, tantôt la tristesse ou la sensiblerie, domine toutes les manifestations de l’ivrogne et leur imprime un cachet de ressemblance. Enfin l’exaltation fait place à la torpeur, et le buveur s’achemine rapidement vers l’état comateux, qui vient toujours terminer la scène.
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A. Dastre L’Alcoolisme et l’Asinthisme

Après une période d’excitation légère, un phénomène qui est toujours le même se produit, la prostration, — prostration d’autant plus profonde que la quantité d’alcool absorbée a été plus forte. L’ivrogne tombe dans un sommeil de plomb, dans un état comateux d’où rien ne peut le tirer. Tandis qu’il « cuve son vin, » pour employer l’expression populaire, l’obtusion de ses sens est profonde, sa sensibilité est émoussée ou éteinte, sa température a baissé, ses fonctions languissent, sa vie est purement végétative.
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