A.-L. Du Preÿ

Résumé

A.-L. Du Preÿ Les femmes de 1870 (1874)

Le coeur des femmes de Paris a un impérieux besoin de mouvement et de distraction.
Durant les deux siéges, les unes le satisfirent en participant aux oeuvres charitables ; elles trouveront leur place plus loin ; car travailler, c'est prier.
Le désoeuvrement fut fatal aux autres.
L'ennui, qui bourdonnait autour des meubles, les chassait de leur demeure sur l'asphalte, où leur tête ne se calmait que par l'agitation des pieds. Alors, malgré les douleurs de la patrie, leur visage s'éclairait ; un rire ébauché l'animait... Oh ! ce n'était plus le rire ; mais sa fraction : un sous-rire.
Source : Gallica

A.-L. Du Preÿ Les femmes de 1870 (1874)

Avouons-le donc : le patriotisme vrai est moins bavard ; il ne s'enflamme pas avec cette facilité gazeuse. Il se traduit mieux par des actes virils que par de vaillantes paroles. Il a pour éléments la résignation et le dévouement, père et mère du sacrifice.
Pour la femme, il est vrai, ce sacrifice est rarement celui de la vie. Il n'en est que plus douloureux ; car chaque heure le renouvelle : c'est le sacrifice du coeur.
Source : Gallica

A.-L. Du Preÿ Les femmes de 1870 (1874)

Au temps de la Commune, du haut des barricades, quand, haletantes de fureur, des femmes cherchaient au bout de leur chassepot la vie d'un Versaillais, était-ce du courage ?
Du courage! Supprimez une syllabe.
C'était de la... rage! le paroxysme de la frénésie.
La bravoure n'a pas ces ardeurs féroces, ces instincts sanguinaires. La bravoure est calme et sans vertige; elle n'a pas ces soudaines explosions ou la raison s'abîme.
Source : Gallica

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