Résumé

Albert-Pierre Prioult Le chevalier de Pradel : vie d'un colon français en Louisiane au XVIIIe siècle… (1928)

Accablée sous le poids de ma douleur, mon cher oncle, j'ay à peine la force de vous témoigner combien je suis sensible aux marques d'amitié que vous me donnés. C'est le seul bien qui me reste de mon cher Pradel, ne m'en privés jamais, je vous en supplie. Hélas, Monsieur, quelle perte affreuse nous avons faite, vous le sentés sans la connaître : car il fallait connaître votre neveu, pour sçavoir tout ce qu'il valait ; l'imagination ne peut peindre une créature aussi parfaite par le coeur, par l'esprit, par les sentiments, par tout enfin
Source : Gallica

Albert-Pierre Prioult Le chevalier de Pradel : vie d'un colon français en Louisiane au XVIIIe siècle… (1928)

Je suis très sensible, mon cher oncle, à la confiance que vous voulés inspirer en moy à mon beau-père. Il me l'a déjà témoignée bien tendrement. Je travaillerai toute ma vie à y répondre, mais mon malheur m'en ôte tout pouvoir et il ne me serait pas possible de me charger désormais de ses affaires, puisque mon intention est de ne plus retourner à Rochefort. Je n'y peux plus revoir mon Pradel, il me serait affreux. Un couvent va ensevelir le reste de mes tristes jours. Je sens qu'il m'en coûtera pour quitter des parents que j'aime et qui me comblent d'amitiés
Source : Gallica

Albert-Pierre Prioult Le chevalier de Pradel : vie d'un colon français en Louisiane au XVIIIe siècle… (1928)

Si sa sœur passait à la Louisiane, je voudrais qu'il fût possible qu'elle vint au couvent avec moy, à Paris ; je trouverai peut-être à la marier plus avantageusement qu'en Bretagne où elle ne fera jamais qu'un mariage de garnison. Ma tendresse pour leur frère me les rend bien chères et bien intéressantes.
Voilà, mon cher Oncle, une bien longue lettre ; je crains qu'elle ne vous ennuye : mais mon attachement et mes malheurs doivent vous rendre indulgent en ma faveur et vos bontés me rassurent. Croyés que je les mériterai toute ma vie par mon tendre attachement qui ne finira qu'avec la vie.
Source : Gallica

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