Amédée Achard

Amédée Achard

Résumé

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Les misères d'un millionnaire (1877)

Mademoiselle Frimond ne put s'empêcher de demander comment était cette personne sur le compte de laquelle Jacques s'exprimait avec tant d'éloges.
— Je ne sais pas, répondit-il; un peu grande, mince et blonde, il me semble.
Jacques ne mentait pas ; il n'avait vu Joséphine qu'avec les yeux de l'esprit.
— Ainsi, elle n'est pas belle? poursuivit Hortense, dont le cœur battait un peu.
— Qu'est-ce que cela fait! reprit Jacques; aux yeux de certains hommes, la beauté, la grâce, la séduction, tous ces charmes dont les femmes se montrent si vaines, ne sont rien.
Source : Gallica

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Les misères d'un millionnaire (1877)

Toute la science du monde me donnera-t-elle un landau, et penses-tu que l'esprit soit une rivière de diamants à mettre au cou, un soir de bal? Oublies-tu que nous sommes à Paris, que je suis la fille d'un banquier, d'un millionnaire;
que noblesse oblige, que l'argent aussi a sa noblesse, et que je ne veux pas déchoir du luxe au milieu duquel je suis née? Or, — je le sais pour l'avoir entendu dire aux amis de mon père, — des revenus ne suffisent pas si on n'y ajoute le supplément des bénéfices.
Source : Gallica

Portrait de Amédée Achard Amédée Achard Les misères d'un millionnaire (1877)

Le cœur de Jacques ne se brisa pas.
Dans les heures de répit que lui laissaient parfois les mille travaux dont il était accablé, Jacques s'apercevait avec un certain effroi que son esprit blasé n'était plus accessible à ces menus plaisirs, à ces faciles distractions qui sont la monnaie du bonheur. Il n'avait plus que des minutes à donner à la lecture, des instants à la conversation. Comme un homme accoutumé à boire des liqueurs fortes ne sent plus la fraîcheur de l'eau ou la saveur du lait, il ne trouvait plus rien d'agréable et de gai en dehors des affaires.
Source : Gallica

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