Résumé

Antoine Campaux François Villon, sa vie et ses oeuvres (1859)

Ce qui manquait le plus à la plupart des poètes ses contemporains, c'était un sujet, c'est-à-dire une de ces vérités générales dont on a fait l'expérience personnelle, un de ces grands lieux communs à la mesure des forces du poète, et qu'il puisse à tout jamais faire sien, dans la langue où il s'exprime, en y mettant sa marque. Villon, et c'est le propre du génie, Villon en trouve un dans l'imagination en deuil de son siècle, c'est le sentiment profond du néant de l'homme qui paraît un instant au soleil dans la pourpre ou sous la bure, pour disparaître immédiatement après dans la nuit.
Source : Gallica

Antoine Campaux François Villon, sa vie et ses oeuvres (1859)

Villon a déchargé son cœur : il nous a dit tour à tour sa rancune et sa reconnaissance, ses douleurs qui lui en ont plus appris que tous les livres, ses remords, ses regrets de la fuite de sa jeunesse et de l'emploi qu'il en a fait, les destinées diverses de ses compagnons de folie, sa misère, ses tentations de désespoir, la tristesse profonde de la condition humaine, que ni la beauté ni la puissance ne peuvent défendre contre la mort, le deuil affreux qui suit la perte de la beauté chez les folles femmes, et, par-dessus tout, les trahisons et les tortures de l'amour.
Source : Gallica

Antoine Campaux François Villon, sa vie et ses oeuvres (1859)

Que ne s'est-il souvenu plus souvent qu'il parlait à la Postérité! Car il semble qu'il y ait songé quelquefois. Que n'a-t-il eu toujours, pour me servir des expressions d'un éminent critique, « la pudeur de la gloire qui l'attendait! » Mais ce serait demander l'impossible à Villon, avec la vie qu'il mena. Les désordres et les hontes de cette existence devaient, comme il arrive presque toujours, se refléter dans ses vers; et personne ne prouva jamais, d'une manière plus triste et plus éclatante, tout ce que le génie perd au contact de la débauche.
Source : Gallica

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