Résumé

Pierre Champion François Villon : sa vie et son temps… (1913)

Ce qui nous étonne, ce qui est à la fois admirable et incom préhensible, c'est de voir comment, pendant cinq ans, sur les douteuses routes de France, tour à tour dormant dans les champs, abrité dans une demeure seigneuriale ou dans une prison,-sans ressources, en relations, vraisemblablement, avec les plus dangereux des compagnons, François Villon a conservé dans son corps minable une âme si forte, si charmante, la plus joyeuse et la plus désolée, repentante et insolente à la fois ? Comment pouvait-il porter en lui l'œuvre la plus haute, la plus humaine, de la poésie de ce temps ?
Source : Gallica

Pierre Champion François Villon : sa vie et son temps… (1913)

Au surplus ce n'est pas là le drame de la mort. Avec un sûr instinct, un sentiment juste que nous retrouverons dans l'admirable livret populaire de l'Ars moriendi, Villon transpose cette scène au lit de l'agonisant : ce trait réaliste, qu'on a prodigué avant lui et après, Villon le réserve pour ce qu'il avait le plus aimé, pour ce qu'il trouve de plus aimable dans ce monde, le tendre corps de la femme1 : Et meure Paris ou Helaine, Quiconques meurt, meurt a douleur Telle qu'il pert vent et alaine ; Son fiel se creve sur son cuer, Puis sue, Dieu scet quelle sueur !
Source : Gallica

Pierre Champion François Villon : sa vie et son temps… (1913)

Cet inflexible justicier qui tint Villon dans sa dure prison, c'était, on l'a dit, Thibaud d'Auxigny : le poète lui voua une haine atroce.
Non, le prélat qui fait dans les rues le signe de la croix et bénit la foule, celui-là n'est pas son évêque : Villon n'est pas l'esclave, le serf de ce grand seigneur et propriétaire terrien 4; mais il n'est pas non plus sa biche, insinuant peut-être par là que Thibaud d'Auxigny avait de mauvaises mœurs, ou commettant un de ces jeux de mots qu'il affectionnait. Il ne lui veut pas de mal : que Dieu le traite seulement comme l'évêque a traité Villon !
Source : Gallica

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