Marcel Schwob,
La Lampe de Psyché
“ La lune semblait un miroir d’or. Chloé s’y fût mirée avec un collier d’étoiles. Mitylène se dressait au loin comme une cité de nacre. Les canaux blancs traversaient la prairie. Quelques statues de marbre, renversées, buvaient la rosée. On voyait étinceler dans l’herbe leurs chevelures en torsade, teintes de jaune. L’air tremblait d’une lumière vague. – Hélas ! dit Chloé, où est le jour ? Le soleil est-il mort ? Où faut-il aller, mon Daphnis ? Je ne sais plus la route. Ah ! il n’y a plus nos bêtes, Daphnis : elles se sont perdues depuis que nous sommes partis. ”
