Augustin Sicard

Résumé

Augustin Sicard Revue des Deux Mondes

J’aime mieux mourir innocent que de vivre coupable. Du moins, dans mon infortune, j’aurai la consolation de pouvoir me dire à moi-même que je n’ai point péché contre la loi, ni contre César. J’ai juré d’être fidèle à la patrie, je ne suis dépouillé que pour avoir ajouté que je serai fidèle à Dieu et soumis à l’Eglise catholique. » Et cette déclaration concise, tranchante, du curé de Warloy-Baillon, en Picardie ; « Il y en a qui font le serment parce qu’il faut vivre, et moi je le fais avec restriction parce qu’il faut mourir. »
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Augustin Sicard Revue des Deux Mondes

Dans la capitale, le curé de Sainte-Marguerite, doyen des curés de Paris, de Laugier de Beaurecueil, lutte contre les calomnies qu’on répand au sujet des refus de serment. Ce n’est ni l’intérêt, ni la politique, mais sa foi qui le guide. Ce qui le tracasse, c’est le péril des âmes, surtout de ceux qui, parmi ses paroissiens, passent à l’ennemi. « Si j’ai pleuré, dit-il à ses fidèles, j’ai pleuré sur vous et non sur moi. » Aucun motif humain ne l’inspire. La vie elle-même ne lui tient à rien.
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Augustin Sicard Revue des Deux Mondes

La Constituante, par ses innovations, posait des points d’interrogation qui dépassaient la portée ordinaire d’un serment. C’est une imprudence de renverser tout d’un coup les traditions, les règles, les autorités qui dirigent, qui protègent des milliers d’hommes et sont comme une garde d’honneur autour de leur vie. On peut être tenté de la recommencer dans une autre voie quand elle n’a pas tenu ce qu’elle avait promis, et ce recommencement est plein de périls.
La Révolution soumettait un corps immense à une pression qui était un appel à la défection.
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