Résumé

C. Valbert Revue des Deux Mondes

Avec les années le souvenir des luttes sanglantes s’effacerait ; ce qui le perpétue, ce sont les mesures économiques injustes ou mal conçues, les rigueurs du régime forestier, les séquestres qui ne se liquident pas, l’exploitation des douars indigènes par les communes de plein exercice, le poids incessamment accru des impôts et l’arbitraire dans la perception... Le colon a les vertus du travailleur et du patriote ; il n’a pas ce qu’on peut appeler la vertu du vainqueur, et ce sentiment du droit des faibles qui n’est point incompatible avec la fermeté du commandement.
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C. Valbert Revue des Deux Mondes

Tandis que les colonies anglaises, en prenant leur croissance, aspirent à conquérir leur autonomie, à se gouverner elles-mêmes, à s’émanciper de la tutelle de la métropole, nos colons algériens, tout au contraire, se plaisent à resserrer de plus en plus leurs liens avec la mère patrie. Ils regardent l’Algérie comme un prolongement de la terre française ; leur plus cher désir est d’habiter l’Afrique et d’y faire fortune sans que rien les avertisse qu’ils ont quitté la France.
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Et il prend l’habitude de compter sur l’État pour lui venir en aide, pour le secourir dans ses embarras et ses détresses. L’État ne doit au colon que la sécurité et les moyens de communication, les travaux d’utilité publique qui lui facilitent ses entreprises. Mais le colon dont on règle et contrôle tous les mouvemens ne s’en tient pas là ; il devient fort exigeant, il demande que l’État se considère comme responsable de ses échecs, de ses malheurs, il est toujours prêt à tendre la main, il pense avoir droit à l’assistance, et il parle sans cesse de ses droits.
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