Comte Goblet d’Alviella

Résumé

Comte Goblet d’Alviella Revue des Deux Mondes T. 11, 1875

M. Conway confond la personnalité avec l’individualité divine. Qui donc ira s’imaginer Dieu pourvu d’yeux et d’oreilles, d’un cerveau et d’un cœur, en un mot d’une organisation taillée sur la nôtre, parce que, dans un élan d’émotion religieuse, on aurait fait appel à la souveraine intelligence ou à la suprême bonté de l’être divin ? Le révérend Charles Voysey ne peut être suspect sous ce rapport, car il m’a affirmé à moi-même qu’il cesserait de prier, s’il croyait Dieu capable de se rendre à ses prières.
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Comte Goblet d’Alviella Revue des Deux Mondes T. 11, 1875

Telle semble, entre autres, l’église de Clerkenwell, du moins à en juger par la prédication de son ministre, le révérend Peter Dean. Celui-ci déclare en effet prendre, pour toute théologie, « la foi en un Dieu infiniment parfait, » — pour révélation a l’univers, » — pour Bible « les manifestations de la nature, ainsi que la littérature sacrée de tous les temps et de tous les pays, » — pour Christ a le bien incarné dans l’humanité, » — enfin pour seuls sacremens « l’amour de Dieu et l’amour des hommes, — piété et moralité. » On voit qu’ici nous naviguons déjà en plein théisme.
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Comte Goblet d’Alviella Revue des Deux Mondes T. 11, 1875

L’église romaine a des limites nettement circonscrites, et l’on n’en sort qu’au prix d’un brusque et souvent pénible déchirement, pour atteindre du coup aux dernières limites de l’incrédulité ou tout au moins de l’indifférence religieuse ; mais hors du catholicisme les églises d’aujourd’hui, malgré les bornes dogmatiques où elles essaient parfois d’enfermer la variation de leurs doctrines, ne sont plus que des points de repère destinés à marquer les étapes de la pensée religieuse dans son évolution vers un idéal sans cesse plus large et plus libre.
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