Résumé

D Vincent Siège de Soissons : souvenirs d'un soldat de 1870 (1901)

Un silence de mort, interrompu seulement par le sifflement strident des obus et des shrapnels suivi de détonations ou de bruits de murs s'écroulant, s'étendait sur toute la ville, qui avait l'aspect d'une citée abandonnée; par hasard, une ordonnance portant des ordres, des pompiers courant aux endroits incendiés, des blessés, des mourants que l'on portait à l'ambulance, puis plus rien, rien que le bruit de la canonnade, dont on percevait fort bien, même du fond des caves, les coups tirés par l'artillerie des remparts, et ceux tirés par l'ennemi
Source : Gallica

D Vincent Siège de Soissons : souvenirs d'un soldat de 1870 (1901)

Cette proclamation, qu'une partie de la population ne connut pas, laissa indifférente et froide l'autre partie, on était déjà saturé de phrases, on aurait préféré des canons et des artilleurs. On avait bien pensé un moment que M. d'Artigues, qui pottait un képi à quatre galons, donnerait l'exemple des vertus qui font les grands peuples ; il n'en fut rien, et quatre jours avant le bombardement, le sous-préfet quittait Soissons sans laisser de proclamation, sans seulement un mot d'adieu à cette population à qui il conseillait le dévouement et le patriotisme.
Source : Gallica

D Vincent Siège de Soissons : souvenirs d'un soldat de 1870 (1901)

La vue des pauvres prisonniers dut inspirer aux Allemands des réflexions peu flatteuses pour nous ; les mobiles de Vervins surtout, à peine habillés, sans chaussures, n'ayant pour uniforme qu'une mauvaise blouse bleue et un képi informe, marchant sans ordre, les hommes, l'air morne, abattus, et comme ahuris par cette série d'événements qui les arrachait de leur foyer, de leur champ, de leur
atelier et les jetait, avant même qu'ils eussent appris à combattre, entre les mains de l'ennemi, pour subir une longue et dure captivité.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature